CAN 2025 : l’intégrité du football africain sous l’œil de l’OMSAC "Quand les alertes passées deviennent des faits observables"
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Dernière mise à jour : il y a 17 heures

La présente synthèse constitue l’aboutissement provisoire d’un cycle d’enquêtes, d’analyses et d’alertes menées par l’OMSAC entre septembre 2023 et janvier 2026, relatives à la gouvernance du football africain, à l’intégrité des compétitions placées sous l’égide de la Confédération Africaine de Football (CAF) et aux influences systémiques exercées par des acteurs extra-sportifs.
Ce document s’inscrit dans le cadre de la mission officielle de lutte contre la corruption, la criminalité, le trafic d'influence, les conflits d’intérêts et de prévention des risques et d’alerte éthique, conformément aux standards internationaux.
Les alertes de l’OMSAC ont été publiées à cinq dates clefs :
28 septembre 2023 — Analyse anticipative sur les risques dans le football africain : Football africain, CAF et FIFA : FIFA - CAF : Manipulations, Ingérence et Enquête en Cours
9 mai 2024 — Rapport complet sur l’intégrité du sport mondial, invitant à la vigilance sur les influences politiques, la gouvernance et les vulnérabilités systémiques : https://www.omsac.org/post/omsac-alerte-sur-l-int%C3%A9grit%C3%A9-du-sport-mondial-gouvernance-influences-politiques-et-risques-syst
11 juin 2025 - Comment le système Infantino instrumentalise la CAF au cœur d’un jeu d’influence géopolitique, économique et risques systémiques :
21 décembre 2025 - CAN 2025 : L'OMSAC lève le voile sur une compétition sous influence : https://www.omsac.org/post/can-2025-l-omsac-lève-le-voile-sur-une-compétition-sous-influence
9 janvier 2026 — Publication ciblée sur l’état de la CAN 2025, reprenant les principaux points d’alerte et les risques identifiés : https://www.omsac.org/post/football-africain-la-malédiction-gassama-ce-que-le-silence-de-2022-a-produit-en-2026
Ces cinq jalons constituent une chronologie d’alertes publiques fondées sur des analyses systématiques et des signaux observables, et non sur des spéculations ou des opinions partisans.
I. Cadre et méthodologie de l’enquête
Les travaux de l’OMSAC se sont appuyés sur :
une analyse longitudinale des processus décisionnels au sein de la CAF et de leurs interactions avec la FIFA ;
des entretiens confidentiels avec des experts, cadres institutionnels, arbitres, acteurs du football et observateurs indépendants ;
l’étude de documents publics, supports commerciaux, décisions officielles et éléments factuels observables ;
une approche fondée sur l’identification de risques systémiques, et non sur l’imputation de responsabilités individuelles.
Les conclusions formulées relèvent d’une analyse de gouvernance et d’intégrité, conforme aux meilleures pratiques internationales.
II. Chronologie des alertes et constance analytique
1. Septembre 2023 – Première alerte structurelle
Dès le 28 septembre 2023, l’OMSAC alertait sur :
la centralisation excessive des décisions au sein de la CAF ;
l’érosion progressive de son autonomie ;
l’influence croissante de la FIFA sur les mécanismes africains de gouvernance.
Ces signaux précoces portaient déjà sur les processus d’attribution des compétitions, l’arbitrage et les équilibres de pouvoir institutionnels.
2. 2024 – Extension de l’analyse au sport mondial
En mai 2024, l’OMSAC élargissait son champ d’analyse à l’échelle du sport mondial, identifiant :
la politisation croissante des compétitions ;
la concentration des grands événements ;
les risques de conflits d’intérêts et d’instrumentalisation du sport à des fins de soft power.
L’Afrique apparaissait alors comme un espace particulièrement vulnérable en raison de son poids électoral, de sa dépendance financière et de la fragilité de certains contre-pouvoirs institutionnels.
3. Juin 2025 – Alerte majeure sur la CAN 2025
Le 11 juin 2025, l’OMSAC publiait un rapport d’alerte sans précédent, faisant état
d’une mutation de la cartographie compétitive de la CAN ;
d’une concentration anticipée des sommets de la compétition autour d’un axe géopolitique spécifique ;
du risque d’instrumentalisation du corps arbitral comme levier de régulation sportive.
À ce stade, il s’agissait d’une analyse prospective de risques, formulée avant le début de la compétition.
III. Éléments factuels et confirmations observables
1. Anticipation commerciale et soft power
À la veille du coup d’envoi de la CAN, un support publicitaire officiel d’un opérateur stratégique de la compétition présentait, de manière anticipée, un
« Carré d’Or » composé de quatre joueurs des nations précisément identifiées dans le rapport du 11 juin 2025.
Ce fait, objectivement observable, ne saurait être interprété comme une simple coïncidence marketing. Il illustre l’imbrication croissante entre intérêts économiques, diplomatiques et scénarisation sportive.
2. Réalisation effective de la configuration anticipée
À l’issue des quarts de finale, les quatre nations identifiées dans les alertes prospectives de l’OMSAC se sont effectivement qualifiées pour les demi-finales.
Sans préjuger des mécanismes précis ayant conduit à ce résultat, l’OMSAC constate que :
la configuration finale correspond point par point aux scénarios de risques identifiés plusieurs mois auparavant ;
aucune réfutation sérieuse de ces alertes n’a été produite sur le plan institutionnel.
IV. La question arbitrale : symptôme d’un déficit de confiance
L’élimination de l’Algérie en quart de finale face au Nigeria illustre de manière concrète les risques identifiés par l’OMSAC dans ses rapports précédents. La FAF a officiellement signalé plusieurs décisions arbitrales controversées, notamment un penalty non sifflé et une gestion disciplinaire déséquilibrée, confirmant les alertes formulées depuis 2023.
Il convient de souligner que l’Algérie n’est pas un cas isolé : de nombreuses autres nations, en particulier celles affrontant le pays organisateur, ont également été victimes d’une impartialité contestable. Ces dysfonctionnements arbitrals marquent profondément la CAN 2025 et risquent d’affecter durablement l’image de la CAF et des organisateurs du tournoi.
Les tensions publiques apparues entre dirigeants de premier plan du football africain autour des désignations arbitrales constituent un indicateur majeur.
L’OMSAC observe que :
ceux qui niaient hier l’existence de failles systémiques expriment aujourd’hui publiquement leur défiance ;
cette défiance ne vise pas des individus isolés, mais un système perçu comme vulnérable.
L’affaire dite « Gassama » (2022), longtemps présentée comme une anomalie, apparaît rétrospectivement comme un signal d’alerte ignoré, dont les conséquences se manifestent aujourd’hui au plus haut niveau.
V. Lecture institutionnelle de l’OMSAC
L’OMSAC tient à affirmer avec clarté :
elle n’accuse aucune personne ;
elle ne rend aucun verdict judiciaire ;
elle ne se prononce pas sur les résultats sportifs en tant que tels.
En revanche, elle constate l’existence d’un problème de confiance structurel, d’une gouvernance déséquilibrée et d’une exposition accrue du football africain aux influences extra-sportives.
Lorsque :
le sport devient un outil d’influence géopolitique ;
l’arbitrage est perçu comme un instrument de régulation non sportive ;
les institutions perdent la confiance de ceux-là mêmes qui les dirigent,
alors l’intégrité globale du système est objectivement menacée.
VI. Enjeux pour l’Afrique et pour le sport mondial
Le cas de la CAN 2025 dépasse le cadre africain. Il illustre une tendance mondiale :
l’alignement progressif du sport sur les rapports de force internationaux ;
l’application variable des principes de neutralité, selon les intérêts en jeu ;
la fragilisation de l’universalité des règles sportives.
L’Afrique, loin d’être un acteur marginal, se trouve au cœur de ces dynamiques, à la fois comme enjeu électoral, espace d’influence et terrain d’expérimentation de nouveaux équilibres de pouvoir.
Conclusion générale
Les travaux de l’OMSAC démontrent que les dérives observées ne relèvent ni de l’émotion, ni de la spéculation, ni d’une lecture conjoncturelle des résultats sportifs. Elles s’inscrivent dans un système, caractérisé par :
une gouvernance insuffisamment transparente ;
des contre-pouvoirs affaiblis ;
une perméabilité préoccupante aux influences politiques, économiques et diplomatiques.
La CAN 2025 constitue un cas d’étude emblématique de ces risques systémiques.
L’OMSAC poursuivra son travail avec rigueur, indépendance et méthode. Le rapport final, établi après la clôture officielle de la compétition, intégrera l’analyse complète des faits observables jusqu’au terme de la CAN.
Le silence n’est plus une option. La complaisance n’est plus tenable. La crédibilité du football africain, et au-delà celle du sport mondial, dépendra de la capacité des institutions à se réformer, à accepter la transparence et à placer l’intégrité au-dessus de toute autre considération.
Le temps des alertes est passé. Celui de la responsabilité collective est venu. L’intégrité n’est pas négociable. Elle se constate, se défend et se protège. L’OMSAC n’arrêtera jamais de tirer la sonnette d’alarme.
Karl SCHLEKER
Département Intégrité & Investigations




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