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FIFA - CAF : Manipulations, Ingérence et Enquête en Cours

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    omsac actualités
  • 28 sept. 2023
  • 8 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 3 jours


Le football africain traverse une période de fortes turbulences. Depuis plusieurs années, des interrogations majeures émergent autour de la gouvernance de la Confédération Africaine de Football (CAF) et de l’influence croissante de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) dans les affaires du continent.


L’attribution des Coupes d’Afrique des Nations (CAN) 2025 et 2027 a cristallisé ces inquiétudes. Le processus de sélection, marqué par des décisions rapides, des retraits de candidatures inattendus et un manque de transparence perçu, a suscité de nombreuses interrogations au sein de la société civile, des observateurs indépendants et des organisations engagées dans la lutte contre la corruption sportive.


Ce contexte alimente un débat plus large : le football africain est-il devenu un terrain d’influence politique, économique et géostratégique dépassant largement le cadre sportif ?


Une alerte ancienne ignorée

Dès les premiers signaux d’ingérence et de dysfonctionnements dans le processus d’attribution des CAN 2025 et 2027, l’OMSAC avait publiquement exprimé ses préoccupations.Nos analyses préliminaires mettaient déjà en évidence :

  • une centralisation excessive des décisions,

  • une dépendance croissante de la CAF vis-à-vis des instances de la FIFA,

  • et un affaiblissement progressif de l’autonomie du football africain.


Aujourd’hui, à la lumière de nouveaux éléments, ces inquiétudes apparaissent renforcées. L’enquête initiée il y a plus de trois ans par le Département Intégrité & Investigations de l’OMSAC, en collaboration avec des médias spécialisés, des experts en diplomatie et des lanceurs d’alerte, revêt désormais une importance stratégique majeure pour comprendre les mécanismes à l’œuvre.


CAN 2022 : Les arrangements de la Fifa en Afrique, entre tours de passe-passe, dirigeants parachutés, et tutelle à distance Comment l'enquête de l'OMSAC a révélé les coulisses de l'emprise de la FIFA en Afrique


Gianni Infantino : une influence mondiale, un rôle central en Afrique


Les analyses de l’OMSAC soulignent que Gianni Infantino, président de la FIFA, s’est imposé comme un acteur central de la reconfiguration du football mondial.

Plusieurs éléments interpellent :

  • ses projets controversés (Coupe du monde biennale, Super Ligue),

  • ses prises de position politiques dans des enceintes internationales,

  • et son recours fréquent au football africain comme levier d’influence électorale et stratégique.


Avec 54 fédérations membres, l’Afrique représente le plus important bloc électoral de la FIFA, ce qui confère au continent un rôle clé dans les équilibres de pouvoir mondiaux… mais aussi une vulnérabilité particulière.


L’Afrique, enjeu électoral et stratégique de la FIFA

Selon les constats de l’OMSAC, l’influence de la FIFA en Afrique ne se limite pas au financement ou au développement des infrastructures. Elle s’exerce également à travers :

  • des alliances politiques,

  • des soutiens ciblés à certains dirigeants,

  • et une présence accrue d’agents et de représentants de la FIFA dans les structures décisionnelles africaines.


C’est dans ce contexte que l’accession de Patrice Motsepe à la présidence de la CAF a été perçue par de nombreux observateurs comme un tournant majeur.


L’élection de Patrice Motsepe : consensus ou arrangement politique ?


L’élection de Patrice Motsepe à la tête de la CAF, présentée officiellement comme un consensus africain, a néanmoins soulevé de nombreuses interrogations :

  • retraits successifs de candidats concurrents,

  • promesses présumées de postes et d’avantages institutionnels,

  • implication active de la FIFA dans le processus électoral.


Depuis cette élection, plusieurs signaux inquiétants ont été relevés par les enquêteurs et observateurs indépendants :

  • perte d’autonomie de certaines commissions de la CAF,

  • interférences dans les processus décisionnels,

  • opacité accrue dans la gestion arbitrale et disciplinaire.


Conséquences sur la CAN et l’arbitrage africain

L’impact de cette gouvernance sous influence se fait sentir directement sur l’organisation des compétitions :

  • polémiques liées à l’arbitrage,

  • gestion controversée de la VAR,

  • incohérences disciplinaires,

  • sentiment de favoritisme au profit de certaines nations.


Pour de nombreux clubs et sélections nationales, ces dérives ont transformé l’arbitrage africain en facteur d’instabilité et de méfiance, plutôt qu’en garant d’équité sportive.


Une gouvernance politisée, un football pris en otage

L’OMSAC constate que le football africain est devenu, dans certains cas, un instrument :

  • d’influence géopolitique,

  • de diplomatie indirecte,

  • et de stratégies économiques globales.


Le continent africain apparaît comme l’une des premières victimes de cette politisation du sport, en raison de la fragilité institutionnelle de certaines fédérations et de la dépendance financière accrue.


Le football mondial sous influence des puissances étatiques

L’OMSAC rappelle qu’il serait illusoire d’analyser la crise du football africain sans la replacer dans un cadre plus large : la politisation croissante du football mondial et son instrumentalisation par des puissances étatiques majeures.


Depuis plusieurs années, le football n’est plus seulement un sport ou une industrie, mais un outil d’influence géopolitique, de pression diplomatique et, parfois, de déstabilisation indirecte. Dans ce contexte, la FIFA, sous la présidence de Gianni Infantino, apparaît de plus en plus comme un acteur central de mise en œuvre de décisions à forte portée politique, dépassant strictement le cadre sportif.


Le précédent russe : un cas d’école


L’exclusion de la Russie des compétitions internationales constitue un précédent majeur dans l’histoire récente du football mondial. À la suite de l’invasion de l’Ukraine en février 2022, la FIFA et l’UEFA ont décidé de suspendre l’ensemble des équipes russes – nationales et clubs – de toutes les compétitions officielles.


Cette décision a eu des conséquences sportives immédiates et irréversibles :

  • la Russie devait disputer les barrages de qualification pour la Coupe du monde 2022 (zone Europe) ;

  • elle a été exclue avant même de jouer le moindre match décisif ;

  • la Pologne a été qualifiée d’office pour la suite des barrages ;

  • le recours introduit par la Fédération russe de football devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) a été rejeté, confirmant la suspension.


Ce précédent démontre une réalité difficilement contestable : lorsque des intérêts géopolitiques majeurs sont en jeu, le principe de neutralité sportive peut être suspendu, et des décisions lourdes de conséquences sont prises en dehors du terrain, sous couvert de circonstances exceptionnelles.


Israël : quand la neutralité sportive devient sélective


Cependant, cette fermeté contraste fortement avec l’absence de mesures similaires dans d’autres situations internationales tout aussi dramatiques. Malgré la gravité et la durée du conflit en Palestine, et en dépit des nombreuses alertes émises par des organisations internationales, humanitaires et de défense des droits humains, ni la FIFA ni l’UEFA n’ont pris de sanctions comparables à l’encontre d’Israël. Les compétitions se poursuivent normalement, sans suspension, ni exclusion, ni remise en cause institutionnelle.


Deux poids, deux mesures : une cohérence absente

Cette différence de traitement interroge profondément la cohérence, l’impartialité et la crédibilité de la gouvernance mondiale du football.

D’un côté :

  • des sanctions immédiates,

  • collectives,

  • sportivement irréversibles,

  • motivées par des considérations géopolitiques assumées.

De l’autre :

  • des conflits prolongés aux conséquences humaines majeures,

  • des scandales sportifs graves,

  • des arbitrages lourdement contestés,

  • des manipulations présumées de compétitions,qui demeurent sans réponses structurelles, sans sanctions proportionnées, et parfois sans la moindre remise en question institutionnelle.


Cette asymétrie nourrit un sentiment croissant d’injustice et renforce l’idée que le football mondial n’échappe plus aux logiques de rapports de force politiques, au détriment de l’universalité, de l’éthique sportive et de l’égalité entre les nations.


L’Algérie, victime collatérale d’un système géopolitique controversé


Le match Algérie–Cameroun de 2022, marqué par l’arbitrage de Bakary Gassama, demeure emblématique de cette asymétrie. Malgré l’ampleur de la controverse, la gravité des erreurs constatées et les alertes lancées auprès des responsables du sport et du football en Algérie avant la rencontre disputée à Blida, aucune réaction de leur part n’a été enregistrée. Par ailleurs, malgré des alertes répétées adressées à la FIFA, aucune réponse institutionnelle forte n’a été apportée par cette dernière.


L’Algérie et son peuple n’ont pas participé à la Coupe du monde 2022 au Qatar dans un contexte marqué par des controverses majeures et des dysfonctionnements largement documentés. Ces événements se sont déroulés dans un environnement international où les enjeux sportifs, géopolitiques et diplomatiques s’entrecroisent, suscitant de légitimes interrogations quant à l’indépendance et à la neutralité des instances dirigeantes du football.


Les éléments analysés dans le cadre de nos travaux mettent en évidence l’existence de pressions, d’influences et de pratiques contestables, impliquant des réseaux d’intérêts liés à certaines puissances étatiques en opposition avec l’Algérie sur le plan géopolitique. Ces dérives auraient trouvé un terrain favorable au sein des mécanismes de gouvernance de la FIFA et de la CAF, révélant des failles structurelles préoccupantes.


Dans ce contexte, plusieurs responsables du football africain ont été cités dans les débats publics et médiatiques relatifs à cette affaire, notamment Samuel Eto’o, président de la Fédération camerounaise de football, et Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football. Leurs positions et interventions ont suscité des interrogations légitimes, sans que l’OMSAC ne se substitue aux instances judiciaires compétentes ni ne formule d’accusations personnelles.


L’OMSAC souligne que ces faits, pris dans leur globalité, appellent à une analyse approfondie et indépendante. Le respect de l’intégrité sportive, de l’égalité de traitement entre les nations et de la transparence institutionnelle demeure au cœur de notre démarche. L’enquête se poursuit avec rigueur et méthode, convaincus que seule la durée et l’établissement des faits permettront de faire toute la lumière sur cette affaire.


Les éléments recueillis au cours de nos enquêtes confirment que ce problème n’est pas passager : il est structurel et destiné à perdurer. L’Algérie reste une cible récurrente des manipulations et complots orchestrés par ces mêmes forces occultes, en particulier celles qui ont agi dans le scandale de l’affaire Gassama. Ces manœuvres se manifestent surtout lors des compétitions officielles sous l’égide de la CAF et de la FIFA, exposant le football algérien à des pressions et injustices répétées qui menacent l’intégrité du sport sur le continent.


Cette situation met en évidence la vulnérabilité des nations face à des stratégies d’ingérence et de favoritisme, qui compromettent l’équité sportive et la crédibilité des compétitions internationales.


Il est donc impératif que ce problème soit pris avec la plus grande vigilance et sérieux par les autorités politiques, diplomatiques et sportives du pays. La mise en place d’une stratégie nationale de protection des intérêts sportifs et d’intégrité dans le football est indispensable pour prévenir toute nouvelle atteinte à la légitimité et à la compétitivité de l’Algérie sur la scène internationale.


Une gouvernance alignée sur les rapports de force mondiaux

Pour l’OMSAC, ces éléments confirment une tendance lourde : la FIFA n’évolue pas dans un vide politique, mais dans un environnement dominé par des rapports de force internationaux, où certaines puissances étatiques et certains lobbys disposent d’une capacité d’influence déterminante.

Dans ce cadre :

  • certaines décisions deviennent rapides et implacables,

  • d’autres sont différées, minimisées ou ignorées,selon les équilibres géopolitiques et économiques en jeu.


L’Afrique, en raison de son poids électoral à la FIFA et de la fragilité institutionnelle de certaines fédérations, apparaît comme un terrain privilégié de ces influences, parfois au détriment de l’équité sportive et de la crédibilité des compétitions.


Lecture OMSAC : un système à géométrie variable

L’OMSAC ne nie pas la nécessité de sanctions dans certaines situations exceptionnelles.Mais elle constate que l’application sélective des principes, selon les intérêts géopolitiques dominants, fragilise la confiance dans l’universalité des règles du football mondial.

Lorsque :

  • le sport est utilisé comme levier de pression politique,

  • les institutions deviennent des instruments d’influence,

  • et l’arbitrage un outil de régulation non sportive,

c’est l’intégrité même du football qui est menacée, en Afrique comme ailleurs.


Conclusion intermédiaire

Le football africain ne peut être assaini sans une remise en question plus large de la gouvernance mondiale du football et sans une lutte ferme, indépendante et structurée contre la corruption. Les crises observées au sein de la CAF ne sont pas isolées : elles s’inscrivent dans un système global où le sport est de plus en plus subordonné aux intérêts politiques et économiques internationaux, au détriment de l’éthique, de l’équité sportive et de l’intégrité des compétitions.


L’OMSAC poursuivra ses enquêtes avec une vigilance accrue dans la lutte contre la corruption et les conflits d’intérêts, convaincue qu’aucune réforme durable n’est possible sans transparence, cohérence, responsabilité et égalité de traitement entre toutes les nations.


Conclusion : un appel à l’autonomie et à la responsabilité

L’OMSAC rappelle que le problème ne réside pas dans une nation, un dirigeant ou une compétition en particulier, mais dans un système de gouvernance déséquilibré, où l’indépendance du football africain est progressivement érodée.


L’avenir du football africain, sa crédibilité et sa notoriété dépendront de la capacité de ses fédérations à :

  • Protéger les compétitions officielles contre la corruption et les manipulations ;

  • Exiger la transparence et l’imputabilité (responsabilité) des dirigeants ;

  • Refuser toute tutelle excessive et placer l’intégrité sportive au-dessus des intérêts politiques et économiques.


Depuis plus de trois ans, l’OMSAC poursuit ses investigations avec rigueur et indépendance. Les éléments recueillis confirment que la lutte pour l’intégrité du football africain est loin d’être terminée. Le silence n’est plus une option. L’histoire jugera les choix faits aujourd’hui.



KARL SCHLEKER

Département Intégrité & Investigations






 
 
 

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