Football africain, CAF et FIFA : la malédiction Gassama – ce que le silence de 2022 a produit en 2026
- omsac actualités

- 9 janv.
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Dernière mise à jour : 25 janv.

Depuis plusieurs jours, le football africain est le théâtre d’un spectacle inattendu. Samuel Eto’o, président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), et Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), se disputaient publiquement sur les désignations arbitrales d’un match majeur. À première vue, il pourrait s’agir d’une simple querelle liée à la pression d’un grand rendez-vous sportif. Mais pour tout observateur averti, et a fortiori pour ceux qui luttent pour l’intégrité du sport, ce débat révèle une réalité plus profonde, confirmant la continuité des alertes formulées par l’OMSAC depuis plusieurs années (lire notre article du 28 septembre 2023).
Une vérité dérangeante s’impose
On ne redoute pas ce que l’on croit impossible. On ne conteste pas un système que l’on estime sain. On ne refuse pas publiquement certains arbitres si l’on est convaincu que l’arbitrage est réellement indépendant. Or, ce que nous observons aujourd’hui, ce sont des responsables de tout premier plan qui, par leurs actes et leurs déclarations, confirment implicitement que :
l’arbitrage africain peut poser des questions,
certaines désignations méritent attention,
et que le système, tel qu’il fonctionne, n’offre pas de garanties de confiance totales.
Un paradoxe impossible à ignorer
Ce constat est d’autant plus frappant que ces mêmes acteurs, aujourd’hui engagés dans un débat public autour des arbitres, rejetaient avec véhémence il y a quelques années toute remise en cause du système arbitral africain.
En 2022, après le match Algérie–Cameroun des barrages de la Coupe du monde, marqué par l’arbitrage controversé de Bakary Gassama, de nombreuses voix avaient alerté sur de graves dysfonctionnements : usage de la VAR, processus de désignation des officiels, etc.
À l’époque, Samuel Eto’o et Fouzi Lekjaa, chacun à son niveau, avaient rejeté ces alertes, qualifiant ces critiques de spéculations infondées ou de manœuvres politiques. Aucune réforme structurelle n’avait été mise en œuvre. Les lanceurs d’alerte avaient été attaqués plutôt qu’écoutés.
Le renversement révélateur
Aujourd’hui, ces mêmes responsables montrent publiquement leur méfiance envers certaines désignations d’arbitres.Ce retournement ne prouve pas une culpabilité individuelle, mais confirme une chose essentielle : ceux qui niaient hier l’existence de risques systémiques agissent aujourd’hui comme s’ils en étaient parfaitement conscients.
Lecture OMSAC
L’OMSAC rappelle que le problème n’est pas un match, un arbitre ou une nation, mais un système qui n’a jamais su, ou voulu, se doter de mécanismes de transparence et de contrôle à la hauteur des enjeux. L’affaire Gassama n’était pas une anomalie isolée. Elle était un signal d’alerte. La crise actuelle autour des désignations arbitrales en est la confirmation a posteriori.
Dans les systèmes à gouvernance fragile, ceux qui connaissent intimement les failles sont souvent les premiers à en redouter l’usage par d’autres. Ce n’est pas une accusation, c’est un indicateur. Lorsque deux camps puissants se surveillent mutuellement, ce n’est pas la preuve d’une culpabilité individuelle, mais la preuve d’une connaissance partagée des vulnérabilités du système.
Ce que l’OMSAC affirme – et ce qu’elle n’affirme pas : L’OMSAC n’accuse personne et ne rend pas de verdict judiciaire. Mais l’OMSAC constate une chose essentielle : le débat public actuel confirme, sans ambiguïté, l’existence d’un problème de confiance structurel au plus haut niveau du football africain.
Un message à l’opinion internationale
Le football africain mérite mieux que :
la suspicion permanente,
la politisation de l’arbitrage,
et la transformation des arbitres en boucs émissaires ou fusibles institutionnels.
La véritable question n’est donc pas :
“Qui a raison aujourd’hui ?” Mais plutôt : “Pourquoi ceux qui gouvernent ce football ne font-ils plus confiance au système qu’ils dirigent ?”
Cet épisode marque la poursuite des enquêtes et analyses indépendantes menées par la cellule Anticor-Sport de l’OMSAC. Ces travaux s'inscrivent dans notre mission de veille sur l'intégrité, la gouvernance et la lutte contre la corruption, afin de préserver la crédibilité du football africain.
La défaite d’aujourd’hui soldera la dette d’hier
Le titre de cette conclusion ne se veut pas une accusation, mais une lecture symbolique des événements observables. En 2022, certaines décisions arbitrales avaient permis au Cameroun de se qualifier au détriment d’autres équipes, dans un contexte où des choix de désignations d’arbitres avaient soulevé de nombreuses interrogations.
Aujourd’hui, les mêmes acteurs sont impliqués dans un match déterminant pour la Coupe d’Afrique des Nations. La meilleure réponse à ce débat ne viendra pas des discours, mais des faits observables sur le terrain : décisions arbitrales, utilisation de la VAR, équilibre des sanctions, réactions après le coup de sifflet final. Ces faits permettront à chacun de comprendre la continuité de certains arrangements passés.
Ce titre rappelle donc que, parfois, les situations d’hier trouvent une forme de conséquence ou de régularisation observable dans les événements d’aujourd’hui, et que le jugement du public doit se faire à partir des faits.
Algérie – Nigéria : le spectre d’un “Gassama bis” plane sur la rencontre
Les investigations menées par l’OMSAC avant et depuis le début de la CAN font apparaître des similitudes préoccupantes entre le contexte actuel et celui ayant entouré le match Algérie–Cameroun de 2022.
Ces éléments laissent craindre la possible reproduction de schémas déjà observés par le passé : pressions indirectes, désignation arbitrale controversée et climat général de défiance autour de l’équité sportive. Sans préjuger du déroulement ni du résultat de ce quart de finale Algérie - Nigéria du 10 janvier 2026, l’OMSAC alerte l’opinion publique sur la possible réapparition de réseaux d’influence déjà identifiés en 2022, dont les noms refont surface dans les analyses récentes.
L’OMSAC rappelle qu’elle n’accuse aucune personne et ne tire aucune conclusion avant les faits. Elle appelle toutefois à une vigilance maximale concernant les décisions arbitrales, l’utilisation de la VAR et le traitement disciplinaire, seuls éléments objectifs permettant, après la rencontre, d’évaluer l’intégrité du processus, ce que confirmera ou infirmera la crédibilité de la cellule Anticor-Sport du Département Intégrité & Investigations de l’OMSAC et ses enquêtes.
À l’époque, ces alertes avaient été disqualifiées, qualifiées de spéculations ou de manœuvres politiques. L'OMSAC et ses lanceurs d’alerte avaient été attaqués, et aucune réforme structurelle n’avait suivi.
Dans l’histoire du football, de grandes tensions avant un match laissent souvent place, après la rencontre, à des discours apaisés, souriants et consensuels. Ce contraste montre que, dans le football africain, l’importance des faits observables dépasse souvent celle du score final.
L’OMSAC donne rendez-vous au public africain et international, après les deux rencontres Maroc - Cameroun et Algérie - Nigéria, non pas pour juger une équipe ou un résultat, mais pour analyser les faits objectivement observables par tous. Le temps passe. Les paroles changent. Mais les faits eux restent.

Les analyses, synthèses et rapports relatifs au football africain, au football international et à la CAN 2025, publiés par l’Organisation Mondiale de Sécurité Anti-Corruption et Criminalité (OMSAC) entre le 1er janvier 2024 et le 31 janvier 2026, sont protégés par le droit d’auteur et demeurent la propriété exclusive de l’OMSAC. Toute reproduction, diffusion, adaptation ou réutilisation, totale ou partielle, quel qu’en soit le support, sans autorisation écrite préalable, est strictement interdite et expose son auteur à des poursuites conformément aux lois et conventions internationales en vigueur.
Les contenus publiés s’inscrivent dans un travail d’analyse, de veille et d’investigation indépendante. Ils ne constituent ni un jugement judiciaire, ni une décision de justice, ni une condamnation définitive.
Karl SCHLEKER
Département Intégrité et Investigations



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