Alerte : la CAF sous l’orage des manipulations et des influences, une institution en otage
- omsac actualités

- 28 sept. 2023
- 14 min de lecture
Dernière mise à jour : 26 janv.
Le football africain traverse une période de turbulences profondes et durables. Depuis plusieurs années, de graves interrogations s’accumulent autour de la gouvernance de la Confédération Africaine de Football (CAF), perçue comme prise en otage par le président de la FIFA, Gianni Infantino, et par le président de la Fédération royale marocaine de football, Fouzi Lekjaa. Ces dérives s’accompagnent d’une multiplication des scandales liés à l’arbitrage, dont l’affaire devenue emblématique du match Algérie–Cameroun, marquée par l’arbitrage controversé de Bakary Gassama, constitue l’illustration la plus frappante.
Cet épisode, loin d’être un simple incident isolé, a marqué un tournant, déclenchant une vaste campagne de dénigrement ciblant l’OMSAC et ses responsables, dont le seul tort fut d’avoir dénoncé publiquement des dysfonctionnements graves et documentés. À cela s’ajoute l’influence croissante et de plus en plus intrusive de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) dans les affaires du football africain.
Face à cette dérive, l’OMSAC a fait le choix délibéré de faire jaillir la vérité sur les mécanismes de corruption, de manipulation et de captation d’influence qui gangrènent le football africain. Cette décision s’inscrit dans un cadre strictement professionnel, fondé sur des principes non négociables de dignité, d’intégrité et de responsabilité.
Nos enquêtes et investigations, menées avec rigueur et indépendance, se poursuivront jusqu’en 2027, afin de démontrer à l’opinion internationale que l’OMSAC et ses cadres ne cèdent ni à la pression, ni à l’intimidation, et ne reculent devant aucune tentative de disqualification ou de dissuasion.
C’est dans cet esprit que l’OMSAC a décidé de rendre publique la présente synthèse exhaustive, conçue comme un premier bilan intermédiaire. Ce travail d’analyse et de documentation est appelé à se renforcer progressivement, crescendo, jusqu’à la prochaine CAN , voire au-delà, en fonction des événements observables et des éléments factuels recueillis sur le terrain.
L’attribution des Coupes d’Afrique des Nations 2025 et 2027 a cristallisé ces inquiétudes légitimes. Les processus de sélection, marqués par des décisions précipitées, des retraits de candidatures inattendus et une opacité persistante, ont suscité de vives interrogations au sein de la grande famille sportive de la société civile africaine, des observateurs indépendants et des organisations engagées dans la lutte contre la corruption sportive et le trafic d'influence. Ces épisodes ont renforcé la perception d’un système de gouvernance fragilisé, exposé aux influences extra-sportives et incapable, à ce stade, de garantir pleinement la transparence, l’équité et l’indépendance attendues d’une institution continentale majeure.
Ce contexte alimente un débat plus large : le football africain est-il devenu un terrain d’influence politique, économique et géostratégique dépassant largement le cadre sportif ?
Une alerte ancienne ignorée
Dès l’apparition des premiers signaux d’ingérence et de dysfonctionnements dans le processus d’attribution des CAN 2025 et 2027, l’OMSAC avait publiquement exprimé de sérieuses préoccupations. Nos analyses préliminaires mettaient déjà en évidence :
une centralisation excessive des processus décisionnels ;
une dépendance croissante de la CAF vis-à-vis des instances de la FIFA ;
un affaiblissement progressif de l’autonomie institutionnelle du football africain ;
ainsi que la confirmation d’une mainmise croissante de Fouzi Lekjaa sur la CAF et ses structures décisionnelles.
Aujourd’hui, à la lumière de nouveaux éléments, ces inquiétudes apparaissent pleinement confirmées et renforcées. L’enquête initiée il y a plus de trois ans par le Département Intégrité & Investigations de l’OMSAC, en collaboration avec des médias spécialisés, des experts en diplomatie sportive et des lanceurs d’alerte, revêt désormais une importance stratégique majeure pour comprendre les mécanismes d’influence et de captation du pouvoir à l’œuvre.
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Gianni Infantino : une influence mondiale, un rôle central en Afrique

Les analyses de l’OMSAC soulignent que Gianni Infantino, président de la FIFA, s’est progressivement imposé comme un acteur central de la reconfiguration du football mondial.
Plusieurs éléments interpellent à cet égard :
ses projets controversés, notamment la Coupe du monde biennale et la Super Ligue ;
ses prises de position à caractère politique dans diverses enceintes internationales ;
son recours récurrent au football africain comme levier d’influence électorale et stratégique.
Avec 54 fédérations membres, l’Afrique constitue le plus important bloc électoral de la FIFA. Cette réalité confère au continent un rôle déterminant dans les équilibres de pouvoir au sein de l’instance mondiale, tout en l’exposant à une vulnérabilité institutionnelle accrue.
L’Afrique, enjeu électoral et stratégique de la FIFA
Selon les constats de l’OMSAC, l’influence de la FIFA en Afrique ne se limite pas aux mécanismes de financement ou aux programmes de développement des infrastructures. Elle s’exerce également à travers :
la constitution d’alliances politiques, géopolitiques et économiques ;
des soutiens ciblés accordés à certains dirigeants et réseaux d’influence ;
une présence renforcée d’agents et de représentants de la FIFA au sein des structures décisionnelles africaines.
C’est dans ce contexte que l’accession de Patrice Motsepe à la présidence de la CAF a été perçue par de nombreux observateurs — et confirmée par les enquêtes de l’OMSAC — comme un tournant majeur dans la gouvernance du football africain.
L’élection de Patrice Motsepe : consensus ou arrangement politique ?

L’élection de Patrice Motsepe à la présidence de la CAF, officiellement présentée comme le fruit d’un consensus africain, a néanmoins suscité de nombreuses interrogations. Plusieurs éléments ont, en effet, retenu l’attention des observateurs :
les retraits successifs de candidats concurrents en amont du scrutin ;
de présumées promesses de postes et d’avantages institutionnels ;
l’implication active et inhabituelle de la FIFA dans le processus électoral.
Depuis cette élection, plusieurs signaux préoccupants ont été relevés par les enquêteurs de l’OMSAC et par des observateurs indépendants, notamment :
une perte d’indépendance de certaines commissions stratégiques de la CAF, en particulier la commission des finances ;
des interférences récurrentes dans les processus décisionnels internes ;
une opacité croissante dans la gestion des dossiers arbitrals et disciplinaires, accompagnée d’une concentration accrue des leviers d’influence entre les mains de Fouzi Lekjaa au sein des structures de la CAF.
Le président de la FIFA, italo-suisso-libanais — juriste aguerri, parfaitement conscient des leviers de domination institutionnelle et des ressorts du verbe trompeur — incarne aujourd’hui une gouvernance fondée sur la dissimulation, la manipulation et la captation du pouvoir. Sous couvert de prudence diplomatique, il ne poursuit qu’un objectif : conserver et verrouiller son hégémonie sur le continent africain, devenu un réservoir stratégique de voix, de marchés et d’alliances.
Pour consolider cette emprise, les analyses de l’OMSAC indiquent qu’un relais de pouvoir déterminant a été progressivement installé au sommet du football africain, incarné par le président de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), également ministre délégué chargé du Budget. Bénéficiant d’un soutien constant et d’une protection institutionnelle manifeste, ce dernier s’est vu attribuer, de facto, un rôle central dans l’orientation stratégique de la Confédération africaine de football (CAF), dont les organes décisionnels apparaissent de plus en plus réduits à une fonction de validation de décisions élaborées en amont.
Cette convergence d’intérêts dépasse largement le cadre strictement sportif. Elle repose sur l’imbrication de considérations extra-sportives majeures — financières, politiques et diplomatiques — qui ont progressivement altéré les principes fondamentaux du football africain, en affaiblissant son équité, sa transparence et son autonomie décisionnelle.
Dans ce contexte, la CAF tend à perdre son statut d’institution continentale indépendante pour devenir un vecteur d’influence stratégique, mobilisé au service d’agendas économiques et géopolitiques transnationaux, au détriment des exigences éthiques, de la bonne gouvernance et des intérêts des peuples africains.
Lekjaa et la structuration d’un réseau d’influence au sein de la CAF
Depuis son émergence comme acteur central des équilibres décisionnels du football africain, Fouzi Lekjaa, avec l’appui constant et assumé de Gianni Infantino, a progressivement consolidé un réseau restreint d’alliés occupant des positions clés au sein de la Confédération africaine de football (CAF).
Ce cercle d’influence, comprenant notamment l’Égyptien Hany Abo Rida, le Sénégalais Augustin Senghor, le Mauritanien Ahmed Yahya et le Congolais Véron Mosengo-Omba, fonctionne de facto comme un directoire informel, concentrant l’essentiel des leviers institutionnels et stratégiques.
Ce dispositif d’influence s’est étendu au cœur même du fonctionnement interne de la CAF. Les éléments recueillis par l’OMSAC indiquent qu’aucun projet structurant, aucune orientation stratégique majeure ni aucune décision sensible ne peut désormais être validée sans l’aval préalable de ce réseau, enfermant l’institution dans une logique de centralisation opaque et de verrouillage décisionnel.
Dans ce contexte, le rôle de Patrice Motsepe, pourtant président statutaire de la CAF, apparaît de plus en plus marginalisé. Son action semble principalement cantonnée à des fonctions de représentation diplomatique et à des apparitions protocolaires lors d’événements internationaux fortement médiatisés, éloignées des véritables centres de décision opérationnelle.
Plus préoccupant encore est le silence persistant de la majorité des présidents des autres fédérations nationales. Les investigations menées par l’OMSAC révèlent que, pour un nombre significatif d’entre eux, la défense des intérêts sportifs, institutionnels et souverains de leurs pays a été reléguée au second plan. Les logiques individuelles — carrières personnelles, avantages institutionnels, alignements opportunistes — ont progressivement supplanté les exigences d’éthique, de responsabilité et de gouvernance collective.
Les dirigeants les plus influents, souvent placés sous dépendance politique ou économique, se contentent désormais d’exécuter des orientations définies par d’autres centres de pouvoir, dans un cadre dominé par des considérations géopolitiques et financières, au détriment de l’équité sportive et de la crédibilité du football africain sur la scène internationale.
Ce mutisme collectif ne saurait être interprété comme fortuit. Il constitue le symptôme d’un système institutionnel verrouillé, dans lequel la soumission a remplacé la gouvernance, et où le football africain est instrumentalisé comme une variable d’ajustement au service de stratégies d’influence qui le dépassent.
Conséquences sur la CAN, les compétitions et l’arbitrage africain
Les effets de cette gouvernance sous influence se répercutent de manière directe et mesurable sur l’organisation et le déroulement des compétitions africaines. La Coupe d’Afrique des Nations, vitrine du football continental, en est l’illustration la plus flagrante.
Les dysfonctionnements observés se traduisent notamment par :
des polémiques récurrentes liées aux désignations et aux décisions arbitrales,
une gestion opaque et inégale de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR),
des incohérences disciplinaires manifestes d’un match à l’autre,
et un sentiment largement partagé de favoritisme systémique au profit de certaines nations, au détriment d’autres.
Pour de nombreux clubs et sélections nationales, ces dérives ont profondément altéré la perception de l’arbitrage africain. Celui-ci n’apparaît plus comme un garant d’équité sportive et de neutralité, mais comme un facteur d’instabilité, de défiance et de contestation permanente, fragilisant la crédibilité des compétitions et portant atteinte à l’intégrité même du jeu.
Une gouvernance politisée, un football pris en otage
L’OMSAC constate que le football africain n’est plus, dans certains contextes, régi par une logique sportive autonome, mais instrumentalisé comme un levier stratégique au service d’intérêts extra-sportifs. Il devient successivement, et parfois simultanément, un outil :
d’influence géopolitique,
de diplomatie indirecte,
et de stratégies économiques globales à forte valeur de pouvoir et de rendement.
Dans cette configuration, le continent africain figure parmi les premières victimes de cette politisation du sport. La fragilité institutionnelle de certaines fédérations, conjuguée à une dépendance financière croissante vis-à-vis de centres de décision extérieurs, crée un terrain propice aux ingérences, aux pressions et aux mécanismes de captation d’influence. Ce déséquilibre structurel affaiblit durablement la souveraineté sportive du continent et compromet les principes fondamentaux d’équité, de transparence et d’indépendance qui devraient gouverner toute compétition internationale.
Forces occultes : quand le football devient un facteur de risque pour la paix
Au cours de son enquête, l’OMSAC a été confrontée à des éléments particulièrement préoccupants, révélant l’intrusion progressive — voire l’infiltration organisée — du football africain par des forces occultes aux objectifs clairement identifiés. Le football, sport roi sur le continent et puissant vecteur d’unité populaire, est ainsi détourné de sa vocation première pour devenir un instrument de manipulation géopolitique et économique.
Ces stratégies ne sont pas anodines. Elles s’inscrivent dans une logique d’influence à long terme, susceptible de fragiliser la stabilité politique, la cohésion sociale et, à terme, la sécurité d’un continent déjà exposé à de multiples tensions. Dans un environnement marqué par la richesse exceptionnelle des ressources naturelles africaines et par des équilibres institutionnels parfois vulnérables, l’instrumentalisation du sport constitue un levier d’ingérence particulièrement efficace et dangereux.
Ces forces, essentiellement étrangères, opèrent par le biais de réseaux d’influence, de financements ciblés et de programmes présentés comme des contributions au développement du sport africain. Sous couvert de sponsoring, de partenariats stratégiques ou d’actions de mécénat portées par de grandes multinationales et des opérateurs économiques internationaux, elles parviennent à imposer leurs agendas extra-sportifs au cœur même des instances décisionnelles.
Parmi les acteurs les plus impliqués dans cette stratégie d’influence figurent certains États du Golfe, au premier rang desquels les Émirats arabes unis, ainsi que leurs relais politiques, économiques et institutionnels les plus proches.
L’OMSAC déplore que plusieurs alertes précoces et recommandations adressées à certains États et acteurs institutionnels africains soient, à ce jour, restées sans suite concrète. Ce silence expose le football africain à une dérive lourde de conséquences : celle de devenir non plus un facteur de paix, de cohésion et de rayonnement, mais un terrain d’affrontements indirects, d’ingérences masquées et de déstabilisation durable.
Le football mondial sous influence des puissances étatiques
L’OMSAC rappelle qu’il serait illusoire d’analyser la crise du football africain sans la replacer dans un cadre plus large : la politisation croissante du football mondial et son instrumentalisation par des puissances étatiques majeures.
Depuis plusieurs années, le football n’est plus seulement un sport ou une industrie, mais un outil d’influence géopolitique, de pression diplomatique et, parfois, de déstabilisation indirecte. Dans ce contexte, la FIFA, sous la présidence de Gianni Infantino, apparaît de plus en plus comme un acteur central de mise en œuvre de décisions à forte portée politique, dépassant strictement le cadre sportif.
Le précédent russe : un cas d’école

L’exclusion de la Russie des compétitions internationales constitue un précédent majeur dans l’histoire récente du football mondial. À la suite de l’invasion de l’Ukraine en février 2022, la FIFA et l’UEFA ont décidé de suspendre l’ensemble des équipes russes – nationales et clubs – de toutes les compétitions officielles.
Cette décision a eu des conséquences sportives immédiates et irréversibles :
la Russie devait disputer les barrages de qualification pour la Coupe du monde 2022 (zone Europe) ;
elle a été exclue avant même de jouer le moindre match décisif ;
la Pologne a été qualifiée d’office pour la suite des barrages ;
le recours introduit par la Fédération russe de football devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) a été rejeté, confirmant la suspension.
Ce précédent démontre une réalité difficilement contestable : lorsque des intérêts géopolitiques majeurs sont en jeu, le principe de neutralité sportive peut être suspendu, et des décisions lourdes de conséquences sont prises en dehors du terrain, sous couvert de circonstances exceptionnelles.
Israël : quand la neutralité sportive devient sélective

Cependant, cette fermeté contraste fortement avec l’absence de mesures similaires dans d’autres situations internationales tout aussi dramatiques. Malgré la gravité et la durée du conflit en Palestine, et en dépit des nombreuses alertes émises par des organisations internationales, humanitaires et de défense des droits humains, ni la FIFA ni l’UEFA n’ont pris de sanctions comparables à l’encontre d’Israël. Les compétitions se poursuivent normalement, sans suspension, ni exclusion, ni remise en cause institutionnelle.
Deux poids, deux mesures : une cohérence absente
Cette différence de traitement interroge profondément la cohérence, l’impartialité et la crédibilité de la gouvernance mondiale du football.
D’un côté :
des sanctions immédiates,
collectives,
sportivement irréversibles,
motivées par des considérations géopolitiques assumées.
De l’autre :
des conflits prolongés aux conséquences humaines majeures,
des scandales sportifs graves,
des arbitrages lourdement contestés,
des manipulations présumées de compétitions,qui demeurent sans réponses structurelles, sans sanctions proportionnées, et parfois sans la moindre remise en question institutionnelle.
Cette asymétrie nourrit un sentiment croissant d’injustice et renforce l’idée que le football mondial n’échappe plus aux logiques de rapports de force politiques, au détriment de l’universalité, de l’éthique sportive et de l’égalité entre les nations.
L’Algérie, victime collatérale d’un système géopolitique controversé

Le match Algérie–Cameroun de 2022, marqué par l’arbitrage de Bakary Gassama, demeure emblématique de cette asymétrie. Malgré l’ampleur de la controverse, la gravité des erreurs constatées et les alertes lancées auprès des responsables du sport et du football en Algérie avant la rencontre disputée à Blida, aucune réaction de leur part n’a été enregistrée. Par ailleurs, malgré des alertes répétées adressées à la FIFA, aucune réponse institutionnelle forte n’a été apportée par cette dernière.
L’Algérie et son peuple n’ont pas participé à la Coupe du monde 2022 au Qatar dans un contexte marqué par des controverses majeures et des dysfonctionnements largement documentés. Ces événements se sont déroulés dans un environnement international où les enjeux sportifs, géopolitiques et diplomatiques s’entrecroisent, suscitant de légitimes interrogations quant à l’indépendance et à la neutralité des instances dirigeantes du football.
Les éléments analysés dans le cadre de nos travaux mettent en évidence l’existence de pressions, d’influences et de pratiques contestables, impliquant des réseaux d’intérêts liés à certaines puissances étatiques en opposition avec l’Algérie sur le plan géopolitique. Ces dérives auraient trouvé un terrain favorable au sein des mécanismes de gouvernance de la FIFA et de la CAF, révélant des failles structurelles préoccupantes.
Dans ce contexte, plusieurs responsables du football africain ont été cités dans les débats publics et médiatiques relatifs à cette affaire, notamment Samuel Eto’o, président de la Fédération camerounaise de football, et Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football. Leurs positions et interventions ont suscité des interrogations légitimes, sans que l’OMSAC ne se substitue aux instances judiciaires compétentes ni ne formule d’accusations personnelles.
L’OMSAC souligne que ces faits, pris dans leur globalité, appellent à une analyse approfondie et indépendante. Le respect de l’intégrité sportive, de l’égalité de traitement entre les nations et de la transparence institutionnelle demeure au cœur de notre démarche. L’enquête se poursuit avec rigueur et méthode, convaincus que seule la durée et l’établissement des faits permettront de faire toute la lumière sur cette affaire.
Les éléments recueillis au cours de nos enquêtes confirment que ce problème n’est pas passager : il est structurel et destiné à perdurer. L’Algérie reste une cible récurrente des manipulations et complots orchestrés par ces mêmes forces occultes, en particulier celles qui ont agi dans le scandale de l’affaire Gassama. Ces manœuvres se manifestent surtout lors des compétitions officielles sous l’égide de la CAF et de la FIFA, exposant le football algérien à des pressions et injustices répétées qui menacent l’intégrité du sport sur le continent.
Cette situation met en évidence la vulnérabilité des nations face à des stratégies d’ingérence et de favoritisme, qui compromettent l’équité sportive et la crédibilité des compétitions internationales.
Il est donc impératif que ce problème soit pris avec la plus grande vigilance et sérieux par les autorités politiques, diplomatiques et sportives du pays. La mise en place d’une stratégie nationale de protection des intérêts sportifs et d’intégrité dans le football est indispensable pour prévenir toute nouvelle atteinte à la légitimité et à la compétitivité de l’Algérie sur la scène internationale.
Une gouvernance alignée sur les rapports de force mondiaux
Pour l’OMSAC, ces éléments confirment une tendance lourde : la FIFA n’évolue pas dans un vide politique, mais dans un environnement dominé par des rapports de force internationaux, où certaines puissances étatiques et certains lobbys disposent d’une capacité d’influence déterminante.
Dans ce cadre :
certaines décisions deviennent rapides et implacables,
d’autres sont différées, minimisées ou ignorées,selon les équilibres géopolitiques et économiques en jeu.
L’Afrique, en raison de son poids électoral à la FIFA et de la fragilité institutionnelle de certaines fédérations, apparaît comme un terrain privilégié de ces influences, parfois au détriment de l’équité sportive et de la crédibilité des compétitions.
Lecture OMSAC : un système à géométrie variable
L’OMSAC ne nie pas la nécessité de sanctions dans certaines situations exceptionnelles. Mais elle constate que l’application sélective des principes, selon les intérêts géopolitiques dominants, fragilise la confiance dans l’universalité des règles du football mondial.
Lorsque :
le sport est utilisé comme levier de pression politique,
les institutions deviennent des instruments d’influence,
et l’arbitrage un outil de régulation non sportive,
c’est l’intégrité même du football qui est menacée, en Afrique comme ailleurs.
Conclusion intermédiaire
Le football africain ne peut être assaini sans une remise en question plus large de la gouvernance mondiale du football et sans une lutte ferme, indépendante et structurée contre la corruption. Les crises observées au sein de la CAF ne sont pas isolées : elles s’inscrivent dans un système global où le sport est de plus en plus subordonné aux intérêts politiques et économiques internationaux, au détriment de l’éthique, de l’équité sportive et de l’intégrité des compétitions.
L’OMSAC poursuivra ses enquêtes avec une vigilance accrue dans la lutte contre la corruption et les conflits d’intérêts, convaincue qu’aucune réforme durable n’est possible sans transparence, cohérence, responsabilité et égalité de traitement entre toutes les nations.
Conclusion : un appel à l’autonomie et à la responsabilité
L’OMSAC rappelle que le problème ne réside pas dans une nation, un dirigeant ou une compétition en particulier, mais dans un système de gouvernance déséquilibré, où l’indépendance du football africain est progressivement érodée.
L’avenir du football africain, sa crédibilité et sa notoriété dépendront de la capacité de ses fédérations à :
Protéger les compétitions officielles contre la corruption et les manipulations ;
Exiger la transparence et l’imputabilité (responsabilité) des dirigeants ;
Refuser toute tutelle excessive et placer l’intégrité sportive au-dessus des intérêts politiques et économiques.
Depuis plus de trois ans, l’OMSAC poursuit ses investigations avec rigueur et indépendance. Les éléments recueillis confirment que la lutte pour l’intégrité du football africain est loin d’être terminée. Le silence n’est plus une option. L’histoire jugera les choix faits aujourd’hui.
Karl SCHLEKER
Département Intégrité et Investigations



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