Infantino – Motsepe – Lekjaa : la CAF au cœur d’un jeu d’influences géopolitiques et économiques
- omsac actualités

- 12 juin 2025
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 1 févr.

Le football africain semble avoir perdu ce qui faisait sa quintessence : la notion de sport, de compétition loyale et de joie populaire. Depuis l’arrivée de Patrice Motsepe à la tête de la Confédération Africaine de Football (CAF), une forme d’omerta institutionnelle s’est progressivement installée au cœur de l’instance, au point que de nombreux observateurs internes évoquent désormais l’existence d’un système de gouvernance opaque,
À mesure que nos investigations progressent, une réalité s’impose avec une clarté de plus en plus inquiétante : le football africain a perdu sa quintessence, à savoir la notion même de sport, de compétition loyale et de joie populaire. Comme nous l’avons signalé et dénoncé dans nos publications du 28 septembre 2023 et du 9 mai 2024, les faits observables confirment aujourd’hui, une année plus tard, nos alertes au centuple. Consultez ces publications officielles ici :
Depuis l’avènement de Patrice Motsepe à la présidence de la Confédération Africaine de Football (CAF), nos analyses mettent en évidence l’installation progressive d’une omerta institutionnelle et d’une mainmise structurelle sur la gouvernance du football africain. Ce phénomène, que notre département Intégrité et Investigations qualifie désormais de « La Pieuvre », se manifeste par des tentacules d’influence s’étendant sur différents niveaux décisionnels.
Les pratiques observées présentent des caractéristiques proches d’une gouvernance opaque et centralisée, fondée sur :
des mécanismes de corruption et d’influence dissimulés ;
une absence de transparence dans les décisions stratégiques et financières ;
une instrumentalisation du football à des fins politiques, géopolitiques, diplomatiques et économiques.
Cette situation a progressivement placé le football africain sous tension, le rendant vulnérable aux manipulations externes et internes, avec des conséquences potentiellement graves sur l’équilibre et la crédibilité du sport continental.
Depuis ce basculement, cette « Pieuvre » n’a cessé d’étendre ses tentacules, conformément à une architecture d’influence voulue et validée au plus haut niveau du football mondial. Cette emprise est incarnée par le secrétaire général tout-puissant de la CAF, Véron Mosengo-Omba, décrit par de nombreux observateurs comme le véritable bras opérationnel de la FIFA au sein de la confédération africaine, concentrant des leviers de décision incompatibles avec les principes d’indépendance et de bonne gouvernance.
Enquête exclusive : La CAF sous "Mise sous tutelle" de la FIFA
Nos investigations, appuyées par des témoignages de cadres ayant occupé des postes élevés dans l’organigramme juridique, administratif et financier avant de démissionner ou d’être évincés, révèlent une réalité brutale
L'ingérence de Zurich : La gestion quotidienne de la CAF est totalement contrôlée par la FIFA. Des agents de nationalités suisse ou italienne décident désormais de l'avenir du football africain à la place des experts du continent.
Le contrôle financier absolu : La FIFA a installé ses propres émissaires directement dans le bureau des finances de la CAF. Ces individus ont un accès total aux informations financières ; chaque facture doit être validée et signée par eux.
Le rôle de Véron Mosengo-Omba : Ancien cadre de la FIFA, il est décrit comme un « président bis », chargé de veiller aux intérêts du président de la FIFA, Gianni Infantino, et de sécuriser les votes africains lors des prochaines élections de l’instance mondiale.
Management de la terreur : Nos sources rapportent un management "autoritaire" et "toxique", marqué par le harcèlement et l'intimidation, visant à briser toute résistance interne.
Analyse des Risques de Manipulation Compétitive : CAN 2025
Au-delà des dérives de gouvernance interne, telles que signalées dans notre publication du 9 mai 2024, et sur la base d’éléments d’alerte internes ainsi que d’informations sensibles émanant de sources jugées fiables, nos analyses mettent en évidence une mutation profonde, structurée et préméditée de la cartographie compétitive de la CAN 2025 au Maroc.
Alors que la CAN 2023 avait encore permis de préserver une certaine illusion d’équilibre entre les différentes aires géographiques du continent, notamment grâce à la présence remarquée de sélections d’Afrique australe et centrale dans le dernier carré, les signaux qui entourent la CAN 2025 dessinent un changement de paradigme profond.
Cette prochaine édition semble désormais s’inscrire dans une logique où les rapports de force géographiques, diplomatiques et économiques prennent une place prépondérante, au risque de reléguer l’équité sportive au second plan. Une telle évolution, si elle venait à se confirmer, ne serait plus un simple débat footballistique, mais un fait politique, porteur de tensions susceptibles de fracturer l’unité symbolique que le football africain est censé incarner.
Nos sources évoquent une édition présentée comme « exceptionnelle » à tous les niveaux, mais dont l’exceptionnalité pourrait surtout résider dans l’ampleur des enjeux extra-sportifs qui l’entourent. Dans ce contexte, le président de la Fédération Royale Marocaine de Football, Fouzi Lekjaa — figure centrale et l’un des hommes les plus influents de l’appareil décisionnel de la CAF — se trouverait au cœur d’une séquence particulièrement sensible.
La réussite de cette CAN dépasse largement le cadre d’un événement sportif. Elle est désormais perçue comme un enjeu stratégique majeur pour l’image internationale du Maroc, mais également comme l’aboutissement d’objectifs sportifs longtemps attendus, ce qui explique l’intensification manifeste des contacts, consultations et arbitrages politiques menés en coulisses.
Cette mobilisation inhabituelle traduit la pression considérable qui pèse sur les centres de décision et éclaire les tensions actuelles au sein du football continental.
Dans ce contexte, le football africain se trouve à un point de bascule. Soit il réaffirme ses principes fondateurs d’équité, de neutralité et de solidarité continentale, soit il s’expose à devenir le théâtre d’affrontements d’influence dont les répercussions pourraient largement dépasser les terrains. L’histoire jugera.
L’OMSAC ne reculera pas. Le temps révélera

Les analyses, synthèses et rapports relatifs au football africain, au football international et à la CAN 2025, publiés par l’Organisation Mondiale de Sécurité Anti-Corruption et Criminalité (OMSAC) entre le 1er janvier 2025 et le 31 janvier 2026, sont protégés par le droit d’auteur et demeurent la propriété exclusive de l’OMSAC. Toute reproduction, diffusion, adaptation ou réutilisation, totale ou partielle, quel qu’en soit le support, sans autorisation écrite préalable, est strictement interdite et expose son auteur à des poursuites conformément aux lois et conventions internationales en vigueur.
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Karl SCHLEKER
Département Intégrité et Investigations





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