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LE SAHEL, LE MOYEN-ORIENT, L’EUROPE ET LE NOUVEL ORDRE GÉOPOLITIQUE : QUI DÉCIDE ENCORE DE LA PAIX ?

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il y a 25 minutes
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LE SAHEL, LE MOYEN-ORIENT, L’EUROPE ET LE NOUVEL ORDRE GÉOPOLITIQUE : QUI DÉCIDE ENCORE DE LA PAIX ?

Le Sahel et le Moyen-Orient traversent depuis des décennies des crises dont les conséquences dépassent largement les frontières des États directement concernés. Guerres, occupations, déplacements de populations, terrorisme, rivalités régionales, effondrement institutionnel, concurrence pour les ressources, ingérences extérieures et affrontements par acteurs interposés ont progressivement transformé ces deux espaces en des théâtres majeurs de confrontation géopolitique mondiale.


Si leurs histoires, leurs réalités politiques et leurs contextes sécuritaires sont différents, le Sahel et le Moyen-Orient présentent néanmoins une question commune : celle de la capacité des États et des peuples directement concernés à participer pleinement à la définition de leur propre avenir.


Dans ces deux régions, les conséquences des crises ne restent jamais confinées aux frontières nationales. Elles affectent la sécurité, les migrations, les équilibres économiques, les ressources naturelles, la stabilité institutionnelle et, plus largement, les relations entre les continents.


Pourtant, une question demeure largement insuffisamment posée :

Qui doit réellement participer à la définition des solutions ?

Lorsqu’une crise éclate au Moyen-Orient comme au Sahel, les États-Unis et les puissances européennes apparaissent très souvent au premier plan des initiatives diplomatiques, des conférences internationales, des mécanismes de sécurité et des négociations.


Leur rôle international est incontestablement important.

Mais cette importance ne devrait pas conduire à considérer que l’avenir du Moyen-Orient ou du Sahel doit nécessairement être pensé depuis Washington, Bruxelles, Londres ou d’autres capitales extérieures aux régions directement concernées.


La paix ne peut être durable si ceux qui vivent quotidiennement les conséquences des conflits, de l’instabilité et des transformations géopolitiques ne sont pas également les premiers acteurs de la construction des solutions.

Il ne s’agit pas d’exclure les partenaires internationaux. Il s’agit de repenser leur rôle.


L’Europe, les États-Unis, la Chine et les autres puissances internationales peuvent contribuer au dialogue, à la médiation, au développement et à la sécurité. Mais leur contribution devrait accompagner les architectures régionales plutôt que se substituer à elles.


C’est pourquoi le débat doit aujourd’hui dépasser les frontières du seul Moyen-Orient.


Du Golfe au Sahel, de la Méditerranée à l’Afrique de l’Ouest, une même interrogation s’impose : les peuples et les États directement concernés doivent-ils continuer à subir des architectures de sécurité conçues principalement à l’extérieur, ou doivent-ils enfin devenir les premiers architectes de leur propre sécurité, de leur stabilité et de leur avenir ? Cette question n’est pas dirigée contre une puissance, un continent ou une alliance.


Elle porte sur un principe fondamental :

aucun ordre régional ne peut être véritablement durable si ceux qui en subissent directement les conséquences ne participent pas pleinement à sa conception.

C’est précisément dans cette perspective que l’expérience du processus d’Helsinki, puis l’idée d’un processus régional porté depuis Mascate, prennent une dimension particulière.


Il ne s’agit pas de reproduire un modèle. Il s’agit de réfléchir à une nouvelle méthode : passer de la gestion permanente des crises à la construction durable de la confiance, du dialogue et de la sécurité collective.


I. L'Europe face à une responsabilité historique

L’Europe ne peut pas rester indifférente aux crises du Moyen-Orient.

Elle entretient avec cette région des liens historiques, économiques, énergétiques, humains et sécuritaires considérables. Elle est également directement affectée par les conséquences des conflits : migrations, terrorisme, instabilité énergétique, crises humanitaires, trafics transnationaux et tensions sociales.

L’Union européenne a donc une responsabilité particulière.


Mais cette responsabilité ne devrait pas être confondue avec une prétention à diriger seule les processus de paix. L’Europe doit pouvoir exercer une influence diplomatique sans reproduire les mécanismes de tutelle qui ont trop souvent caractérisé les relations entre puissances occidentales et pays du Sud.


L’Europe doit être un partenaire, pas un tuteur. Elle doit contribuer à créer les conditions du dialogue, soutenir le droit international, favoriser la prévention des conflits et accompagner les initiatives régionales. Mais elle doit également accepter une réalité fondamentale : aucune paix durable ne peut être imposée de l’extérieur.


II. Qui a le droit de parler au nom de la Paix ?

C’est ici qu’une question plus profonde apparaît : Pourquoi, lorsqu’une crise survient au Moyen-Orient, dans le Golfe et au Sahel, les premiers acteurs à s’imposer comme médiateurs, garants ou architectes de la sécurité régionale sont-ils si souvent les États-Unis et les puissances européennes ?


Et pourquoi les autres continents sont-ils si rarement placés au même niveau dans la conception des solutions ?

Où est l’Afrique ?

Où est l’Asie ?

Où sont les puissances émergentes ?

Où sont les États directement concernés ?

Il ne s’agit pas d’exclure les États-Unis ou l’Europe.


Il s’agit de remettre en question le monopole de fait de certaines puissances dans la définition des architectures de sécurité internationales. L’Afrique, notamment, ne peut plus être considérée comme un simple espace auquel les décisions internationales sont appliquées. Elle doit participer à leur élaboration.

De la même manière, les pays du Golfe et du Moyen-Orient doivent pouvoir définir eux-mêmes une partie substantielle de leur architecture de sécurité.

Avoir des intérêts dans une région ne signifie pas avoir le droit d’en déterminer seul l’avenir.


III. D'un événement à un processus : la leçon D'helsinki

C’est précisément dans cette perspective que la réflexion développée par Sir Geoffrey Hoon, ancien secrétaire d’État britannique à la Défense et aux Transports, mérite attention. Dans sa réflexion consacrée à « Un processus pour un Golfe plus stable », il défend l’idée d’un processus régional permanent de sécurité inspiré, dans sa philosophie, de l’expérience d’Helsinki.


L’idée fondamentale est simple : un événement permet de gérer un moment ; un processus permet de construire dans la durée. L’expérience d’Helsinki démontre qu’il est possible de créer un espace de dialogue entre des États profondément divisés, sans attendre qu’ils aient préalablement réglé l’ensemble de leurs différends. Le processus d’Helsinki n’a pas supprimé les divergences entre les puissances. Il a créé des mécanismes permettant de les gérer. C’est cette philosophie — et non une reproduction mécanique du modèle historique — qui pourrait être adaptée au Golfe.


La sécurité maritime, les mécanismes de communication de crise, la protection des infrastructures critiques, la coopération humanitaire, la gestion des catastrophes et la connectivité économique pourraient constituer des domaines initiaux de coopération. L’objectif ne serait pas de créer immédiatement une nouvelle alliance militaire. Il serait de créer un espace permanent de dialogue et de confiance.


IV. Mascate : Une initiative régionale qui mérite d'être entendu

Dans cette réflexion, le rôle potentiel d’Oman est particulièrement intéressant.

La diplomatie omanaise s’est historiquement distinguée par sa capacité à maintenir des canaux de communication avec des acteurs entretenant des relations difficiles.


Un processus facilité depuis Mascate pourrait donc avoir une caractéristique essentielle : il serait régionalement ancré. Les huit États riverains du Golfe — Oman, les cinq États du Conseil de coopération du Golfe, l’Iran et l’Irak — pourraient être placés au cœur du processus. Les puissances extérieures pourraient naturellement y contribuer. Mais elles ne devraient pas en être les propriétaires.


Les États-Unis, l’Europe, le Royaume-Uni, la Chine et d’autres partenaires ont des intérêts légitimes dans le Golfe. Leur participation pourrait compléter le processus. Elle ne devrait pas remplacer l’appropriation régionale.

La sécurité du Golfe doit d’abord être construite par ceux qui y vivent.


V. Mais qui sont les acteurs de la déstabilisation ?

C’est ici que nous devons avoir le courage d’aller plus loin.

On parle beaucoup de médiation.

On parle beaucoup de sécurité.

On parle beaucoup de stabilité.


Mais peut-on construire la paix sans examiner sérieusement les mécanismes qui produisent l’instabilité ? Pourquoi certaines responsabilités sont-elles immédiatement désignées alors que d’autres bénéficient d’un vocabulaire diplomatique beaucoup plus prudent ? Lorsqu’un État finance, arme, soutient politiquement ou influence un acteur engagé dans un conflit, cette dimension doit être examinée indépendamment de l’identité de cet État. La règle doit être universelle.


Il ne peut pas exister une norme pour les adversaires et une autre pour les partenaires stratégiques. Dans cette perspective, je considère que les politiques régionales d’Israël et des Émirats arabes unis, ainsi que leurs réseaux de partenariats et d’influence, doivent faire l’objet d’un examen particulièrement rigoureux.


Cette affirmation ne signifie pas que toutes leurs actions seraient coordonnées, ni que tous les conflits de la région pourraient leur être attribués.

Elle signifie que leur poids géopolitique et leur implication dans plusieurs dossiers régionaux justifient un examen approfondi de leurs politiques et de leurs conséquences.


Concernant Israël, cette analyse doit notamment intégrer ses relations stratégiques avec les États-Unis et les conséquences régionales des conflits israélo-palestiniens. La Cour pénale internationale a délivré, le 21 novembre 2024, un mandat d’arrêt contre Benjamin Netanyahu, en l’accusant notamment de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité allégués dans la situation en Palestine. Il s’agit d’une procédure judiciaire internationale et non d’une condamnation définitive.


Cette distinction est essentielle. Le droit international doit être appliqué sans considération de puissance, d’alliance ou de proximité politique.


VI. Les Émirats Arabe Unis : L'influence comme objet d'examen

Les Émirats arabes unis constituent aujourd’hui une puissance économique, diplomatique et stratégique majeure. L’Union européenne elle-même considère les EAU comme un partenaire important en matière de sécurité régionale, de stabilité, de commerce, d’investissement et d’énergie.


L’UE et les EAU ont lancé en 2025 des négociations commerciales puis, en décembre 2025, des négociations en vue d’un accord de partenariat stratégique.

Cette relation est parfaitement légitime. Mais précisément parce qu’elle est importante, elle impose une exigence supplémentaire : le partenariat ne doit jamais empêcher la transparence.


Lorsque des accusations sérieuses sont formulées concernant le rôle d’un État dans un conflit, elles doivent être examinées avec la même rigueur que celles concernant n’importe quel autre acteur. Le dossier soudanais en constitue un exemple. Des accusations de soutien émirati aux Forces de soutien rapide ont été formulées dans différents cadres internationaux ; les Émirats arabes unis contestent ces accusations.


La question doit donc être examinée à partir des éléments vérifiables, contradictoires et juridiquement pertinents.

C’est précisément cela que signifie l’impartialité.

Examiner un partenaire n’est pas lui être hostile.

C’est au contraire considérer que les partenariats durables reposent sur la transparence et la responsabilité.


VII. Du Moyen-Orient au Sahel : Les frontières géopolitiques ont changé

Mais cette réflexion ne peut pas s’arrêter au Moyen-Orient. Le Sahel doit être intégré à cette analyse. Car les crises du Moyen-Orient, du Maghreb, de la mer Rouge, de l’Afrique du Nord et du Sahel sont désormais profondément interconnectées. Les flux financiers, les ressources naturelles, les routes commerciales, les infrastructures portuaires, les réseaux sécuritaires, les groupes armés et les rivalités d’influence traversent les frontières.


Le Soudan ne peut être totalement dissocié de la mer Rouge. La Libye ne peut être dissociée du Sahel. Le Niger ne peut être dissocié des équilibres nord-africains. Le Mali ne peut être analysé indépendamment des transformations de l’espace sahélo-saharien. Les frontières géographiques existent toujours ; les frontières géopolitiques, elles, sont devenues beaucoup plus poreuses.

C’est pourquoi les mêmes méthodes d’analyse doivent être appliquées aux deux espaces.


Il faut examiner les financements, les alliances, les réseaux d’influence, les transferts d’armes, les investissements stratégiques et les soutiens politiques.

Non pour désigner arbitrairement des coupables.

Mais pour comprendre qui influence quoi, comment, avec quels moyens et avec quelles conséquences.


VIII. L'Algérie : Une question qui ne peut plus être éludée

C’est à ce stade que l’Algérie entre pleinement dans cette analyse.

L’Algérie occupe une position géographique et stratégique particulière : Méditerranée au nord, Sahel au sud, espace maghrébin à l’ouest, Libye et profondeur sahélo-saharienne à l’est et au sud-est.


Sa sécurité est donc directement liée à la stabilité de son environnement régional.

Depuis plus de cinq années, l’OMSAC observe et analyse ces évolutions à travers ses structures compétentes. Nos travaux nous conduisent à considérer que l’Algérie constitue aujourd’hui un enjeu stratégique majeur dans la recomposition géopolitique du Maghreb et du Sahel.


Plus encore, nos investigations nous conduisent à examiner l’hypothèse selon laquelle certaines stratégies d’influence et certaines convergences d’intérêts extérieurs peuvent avoir pour conséquence, volontairement ou non, d’affaiblir l’environnement stratégique de l’Algérie. Nous devons ici être extrêmement précis.


L’OMSAC ne confond pas une hypothèse stratégique avec une preuve judiciaire.

Elle ne confond pas une convergence d’intérêts avec la démonstration automatique d’une coordination. Elle ne confond pas une responsabilité politique avec une responsabilité pénale. Mais notre prudence juridique ne doit pas devenir une raison de nous taire.


IX. L'Algérie : Cible d'une dynamique de déstabilisation ?

Après plus de cinq années d’observation, d’analyse et d’investigation, les conclusions auxquelles nos travaux nous conduisent sont suffisamment préoccupantes pour que cette question soit publiquement posée. Selon l’analyse de l’OMSAC, l’Algérie pourrait être confrontée à une dynamique de pression multidimensionnelle touchant simultanément son environnement politique, sécuritaire, économique, informationnel et régional.


Nous estimons que les relations et convergences stratégiques entre Israël, les Émirats arabes unis et le Maroc doivent notamment être examinées dans cette perspective. Nous ne prétendons pas que toutes les actions de ces trois États seraient nécessairement coordonnées. Nous ne prétendons pas non plus que l’ensemble des difficultés auxquelles l’Algérie est confrontée serait imputable à ces acteurs.


Nous affirmons en revanche que l’ensemble des éléments recueillis justifie, selon nos conclusions, un examen approfondi des interactions entre ces différentes stratégies et leurs effets éventuels sur la sécurité et la stabilité de l’Algérie.

C’est notre responsabilité. Et nous l’assumons.


X. L'Algérie et les Émirats : Une rupture qui révèle une tension plus large

Cette question prend une dimension particulière à la lumière de la rupture diplomatique annoncée entre l’Algérie et les Émirats arabes unis le 10 septembre 2026.

Alger a annoncé la rupture en invoquant des « agissements provocateurs ou hostiles » et en déclarant avoir épuisé les moyens permettant de préserver les relations bilatérales. Les Émirats ont exprimé l’espoir que la rupture soit temporaire.

Les divergences entre les deux pays concernent notamment les orientations respectives à l’égard d’Israël, du Maroc, du Sahara occidental et, de manière croissante, les équilibres du Sahel.

Cette rupture ne doit donc pas être réduite à une simple querelle diplomatique.

Elle doit être replacée dans le contexte beaucoup plus large de la recomposition géopolitique du Maghreb, du Sahel et du Moyen-Orient.

C’est précisément pourquoi l’OMSAC considère que cette évolution mérite une analyse internationale approfondie.


XI. Notre intégrité nous impose la transparence

L’OMSAC n’a pas vocation à contourner les réalités, à les édulcorer ou à adapter ses conclusions aux intérêts des puissances auxquelles elles pourraient déplaire.

Notre intégrité et notre crédibilité nous imposent la transparence. Elles nous imposent également de dire la vérité telle que nos investigations, nos analyses et les éléments recueillis nous permettent de l’établir.


Depuis plus de cinq années, nos structures compétentes observent, analysent et documentent les évolutions géopolitiques qui touchent directement le Maghreb, le Sahel et le Moyen-Orient. Ces travaux n’ont pas été conduits dans l’urgence médiatique ni dans la recherche d’une quelconque visibilité politique.

Ils ont été menés dans le temps long, avec méthode, recoupement des informations et confrontation des éléments disponibles.


Nous avons donc le devoir de parler lorsque les éléments que nous avons réunis nous conduisent à une conclusion suffisamment solide pour être portée à la connaissance du public. Mais la transparence exige également de préciser ce que nous affirmons.


Nous ne confondons pas une information recueillie avec une preuve judiciaire.

Nous ne confondons pas une analyse stratégique avec une décision de justice.

Nous ne présentons pas comme établi ce qui demeure soumis à vérification.

La prudence juridique n’affaiblit pas notre parole. Elle la rend plus crédible.


XII. Dénoncer sans provocation, dire la vérité sans détourner le regard

L’Algérie ne doit pas être présentée comme un simple spectateur des recompositions géopolitiques qui se déroulent autour d’elle. Selon les conclusions de nos travaux, elle en est aujourd’hui l’une des principales cibles. Les pressions, les opérations d’influence, les stratégies de contournement et les dynamiques de déstabilisation que nous avons observées au cours de ces dernières années ne peuvent, à nos yeux, être considérées comme une succession de phénomènes isolés.


Nous estimons qu’elles doivent être examinées dans leur ensemble, dans leur chronologie et dans leurs interconnexions. Mais dénoncer ne signifie pas provoquer. L’OMSAC n’a aucun intérêt à répondre à l’ingérence par l’escalade, ni à la manipulation par la manipulation. Notre responsabilité est précisément inverse : documenter, démontrer, expliquer et alerter.


Nous devons avoir le courage de nommer les faits, mais également l’intelligence diplomatique nécessaire pour ne pas transformer chaque désaccord en confrontation. C’est pourquoi nous dénoncerons ces dynamiques avec fermeté, mais sans haine ; avec précision, mais sans excès ; avec des éléments documentés, mais sans accusations gratuites.


Notre message est simple : l’Algérie a le droit de défendre sa souveraineté, sa sécurité nationale, son intégrité territoriale et ses intérêts légitimes. Ce droit n’est dirigé contre aucun peuple. Il ne constitue pas une hostilité envers une nation ou une communauté. Il constitue le droit élémentaire de tout État à refuser que son avenir soit déterminé par des stratégies conçues à l’extérieur de ses frontières.


Et c’est précisément pourquoi nous devons également éviter un piège : celui de répondre aux campagnes d’influence par une autre campagne d’influence.

La meilleure réponse à la désinformation reste la vérité.La meilleure réponse aux manipulations reste la preuve.La meilleure réponse à l’ingérence reste la souveraineté.Et la meilleure réponse aux tentatives de déstabilisation reste une société informée, vigilante et unie.


L’OMSAC continuera donc à documenter ce qu’elle estime devoir être porté à la connaissance de la communauté internationale. Nous le ferons dans le respect du droit international, dans le respect des peuples et avec la responsabilité qui incombe à une organisation qui entend contribuer à la sécurité, à l’intégrité et à la prévention des conflits.


Nous ne cherchons pas la confrontation.Nous cherchons la vérité.

Mais lorsque la vérité dérange, notre devoir n’est pas de la rendre plus confortable. Notre devoir est de la dire — avec intelligence, avec méthode et avec responsabilité.


XIII. Pour une nouvelle architecture régionale

C’est précisément pour cette raison que je considère que la réflexion sur un processus régional inspiré d’Helsinki ne doit pas rester limitée au Golfe.

Elle doit progressivement intégrer les interactions entre : le Golfe, le Moyen-Orient, la mer Rouge, l’Afrique du Nord et le Sahel.


Cette architecture ne devrait pas être imposée par Washington, Bruxelles, Londres, Pékin ou toute autre capitale. Elle devrait être construite avec les États directement concernés. L’Europe pourrait y jouer un rôle essentiel.

Mais son rôle devrait être celui d’un partenaire de stabilité, et non celui d’un arbitre permanent.


L’Afrique doit également être pleinement associée. Les pays du Sahel doivent être entendus. Les États du Maghreb doivent être entendus. Les pays du Golfe doivent être entendus. Et les grandes puissances doivent accepter que leur influence soit encadrée par des règles communes.


XIV. De la gestion des crises à la prévention des conflits

La communauté internationale dépense aujourd’hui des ressources considérables pour gérer les conséquences des conflits. Elle devrait consacrer davantage d’énergie à comprendre leurs mécanismes en amont. La prévention ne consiste pas seulement à envoyer des médiateurs lorsque les armes ont déjà parlé.


Elle consiste à identifier :

  • les mécanismes de financement des conflits ;

  • les réseaux d’armement ;

  • les opérations d’influence ;

  • les circuits financiers opaques ;

  • les acteurs intermédiaires ;

  • les stratégies de déstabilisation ;

  • les facteurs économiques et sociaux ;

  • les dynamiques régionales susceptibles de transformer une crise locale en conflit international.


C’est précisément dans ce domaine que les organisations spécialisées de la société civile peuvent apporter une contribution utile. La société civile ne doit pas être uniquement invitée à commenter les décisions prises par les États.

Elle doit pouvoir contribuer à leur prévention, à leur analyse et à leur évaluation.


XV. L'Europe doit choisir entre la gestion des crises et la construction de la Paix

L’Europe se trouve aujourd’hui devant un choix stratégique. Elle peut continuer à intervenir principalement lorsque les crises deviennent suffisamment graves pour menacer directement ses intérêts. Ou elle peut contribuer à construire un système régional permanent de prévention, de dialogue et de responsabilité.


Le second chemin est plus difficile.

Il exige de parler avec des partenaires différents.

Il exige d’accepter des désaccords.

Il exige parfois de regarder avec lucidité les actions de partenaires stratégiques.

Mais c’est précisément ce qui donne sa valeur à une politique étrangère indépendante.


Une véritable diplomatie ne consiste pas à choisir les vérités qui sont compatibles avec ses alliances. Elle consiste à défendre des principes qui demeurent valables même lorsqu’ils deviennent inconfortables.


Conclusion

Le Moyen-Orient, le Maghreb et le Sahel ne peuvent plus être considérés comme trois espaces géopolitiques séparés. Ils constituent désormais un ensemble stratégique interdépendant. Les crises qui apparaissent dans l’un de ces espaces produisent rapidement des conséquences dans les autres. C’est pourquoi nous avons besoin d’une nouvelle génération de mécanismes diplomatiques.

Un processus permanent.

Un processus régional.

Un processus inclusif.

Un processus fondé sur la souveraineté des États, le droit international, la prévention, la transparence et la responsabilité.


L’expérience d’Helsinki peut nous inspirer.L’expérience de Mascate peut nous ouvrir une voie.L’Europe peut contribuer.L’Afrique doit participer.Le Moyen-Orient doit être entendu.Et les grandes puissances doivent accepter de ne pas décider seules pour les autres.


Quant à l’Algérie, elle doit pouvoir défendre sa souveraineté et sa sécurité sans être contrainte de choisir entre le silence et la confrontation.

Notre responsabilité, à l’OMSAC, est différente. Nous observons.Nous enquêtons.Nous documentons.Nous analysons. Nous alertons.


Et lorsque nos travaux nous conduisent à identifier des dynamiques susceptibles de menacer la stabilité d’un État, nous considérons qu’il est de notre devoir de les porter à la connaissance de la communauté internationale, dans le respect du droit et avec toute la rigueur nécessaire. Nous ne prétendons pas détenir toutes les réponses. Mais nous refusons de détourner le regard devant les questions qui doivent être posées.


Car la paix ne peut pas être construite sur les non-dits.

La paix ne peut pas être un produit d’exportation.

La paix doit être une construction collective.


Et cette construction ne pourra devenir durable que lorsque tous les acteurs — grands ou petits, occidentaux ou non occidentaux, étatiques ou issus de la société civile — accepteront enfin de se retrouver autour de la même table, avec les mêmes règles et les mêmes exigences de responsabilité.


La vérité ne doit pas avoir de nationalité. Le droit international ne doit pas avoir de géométrie variable. Et la paix ne doit appartenir à personne : elle doit appartenir à tous.


NOTE ÉDITORIALE : À L’ORIGINE DE CETTE RÉFLEXION

Le présent document est une réflexion de Mourad MAZAR, Président de l’Organisation Mondiale de Sécurité Anti-Corruption et Criminalité (OMSAC), née d’une analyse récemment portée à notre connaissance par notre partenaire, l’International Institute for Middle-East and Balkan Studies (IFIMES), consacrée à la proposition d’un processus régional de sécurité pour le Golfe, inspiré de l’expérience d’Helsinki et fondé sur la continuité du dialogue, la confiance et une plus grande appropriation régionale des questions de sécurité.


La contribution de The Rt Hon Geoffrey Hoon, ancien Secrétaire d’État britannique à la Défense et ancien Secrétaire d’État aux Transports, a particulièrement retenu mon attention par une idée essentielle : un événement peut répondre à une crise, mais seul un processus durable peut contribuer à construire un ordre régional.

C’est à partir de cette réflexion que j’ai souhaité élargir le débat.


À mes yeux, la question du Golfe ne peut être isolée des transformations profondes qui touchent aujourd’hui le Moyen-Orient, le Sahel, l’Afrique du Nord et l’Europe. Ces espaces sont désormais liés par des dynamiques sécuritaires, économiques, migratoires, énergétiques et géopolitiques qui dépassent largement les frontières nationales.

Ma démarche est donc volontairement plus large que la seule question du Golfe. Elle vise à poser une interrogation fondamentale : qui doit participer à la définition des architectures de sécurité et des solutions aux crises qui affectent directement les peuples et les États concernés ?


Je considère qu’il est légitime de s’interroger sur la place occupée par les puissances extérieures dans la définition des équilibres régionaux. Leur rôle peut être important et parfois indispensable. Mais la coopération internationale ne devrait pas signifier que les États directement concernés deviennent de simples destinataires de décisions élaborées ailleurs.


Je défends, pour ma part, le principe d’une plus grande responsabilité régionale. Les États et les peuples qui vivent quotidiennement les conséquences des conflits doivent pouvoir participer pleinement à la conception des mécanismes destinés à garantir leur sécurité, leur stabilité et leur avenir.


Cette conviction personnelle rejoint la vocation institutionnelle de l’OMSAC.

En tant que Président de l’OMSAC, je considère qu’il est de notre responsabilité de contribuer au débat international avec indépendance, transparence, méthode et sens des responsabilités. Notre organisation n’a pas vocation à se substituer aux États ni aux institutions internationales. Elle entend contribuer à la compréhension des mécanismes de crise, à la prévention des conflits, à la protection des populations et à la recherche de solutions fondées sur le dialogue, le droit et la coopération.


Ce document porte donc deux dimensions complémentaires : une réflexion personnelle de Mourad MAZAR sur l’évolution de l’ordre géopolitique contemporain, et une contribution institutionnelle de l’OMSAC au débat sur les nouvelles architectures de dialogue, de sécurité et de responsabilité internationale.


Je souhaite que cette contribution soit lue non comme une conclusion définitive, mais comme une invitation au débat, à l’examen des faits et à la réflexion collective.

Car une question demeure au cœur de cette démarche :

si la paix concerne tous les peuples, pourquoi sa construction devrait-elle être décidée principalement par quelques-uns ?


C’est à cette question que ce document entend apporter des éléments de réflexion — du Sahel au Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord à l’Europe, et du dialogue régional à la responsabilité internationale.


Je vous invite à consulter la contribution de The Rt Hon Geoffrey Hoon, ancien Secrétaire d’État britannique à la Défense et ancien Secrétaire d’État aux Transports, à travers ce lien : Contribution de Geoffrey Hoon - IFIMES


Mourad Mazar

Président de l'OMSAC

 
 
 

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Clause de responsabilité et portée juridique

Nos rapports et enquêtes sont fondées sur des informations accessibles, des recoupements factuels et des analyses professionnelles. Elles ne constituent en aucun cas des enquêtes judiciaires, policières ou administratives, ni des décisions de justice.

Conformément aux statuts de l’OMSAC, nos missions officielles sont la lutte contre la corruption, la criminalité, le trafic d’influence, la fuite des capitaux, le blanchiment d’argent, la défense des droits de l’homme, la traite des êtres humains, l’immigration clandestine et la protection de la liberté d’expression à l’échelle mondiale.

L’OMSAC mène ses propres enquêtes et investigations. Lorsqu’elle reçoit des informations ou des alertes, celles-ci sont analysées, étudiées et expertisées par le Département Intégrité et Investigations, en coordination avec le Département Juridique. Selon la gravité et la nature des faits constatés, ces départements décident de la transmission des dossiers aux institutions sécuritaires ou judiciaires compétentes du pays concerné. À partir de ce point, la mission de l’OMSAC prend fin.

L’OMSAC n’est ni une autorité de poursuite, ni un organe juridictionnel, ni un service de police ou de renseignement. Les constats, opinions et conclusions exprimés sur ces pages ne sauraient être assimilés à des accusations pénales, à des jugements de culpabilité ou à des décisions judiciaires. Toute responsabilité pénale, disciplinaire ou administrative relève exclusivement des institutions légalement compétentes, conformément au droit national et international applicable.

Les personnes ou entités mentionnées sur ces pages bénéficient pleinement de la présomption d’innocence et des droits fondamentaux garantis par le droit international. Ces documents ont pour unique objectif de contribuer au débat public, à la transparence institutionnelle et à l’amélioration de la gouvernance, dans le strict respect des cadres légaux et des normes internationales.

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