top of page

Décès de Jean ZIEGLER : Soixante années de combats contre la faim, les oligarchies et l'injustice mondiale

  • Photo du rédacteur: omsac actualités
    omsac actualités
  • il y a 6 heures
  • 5 min de lecture

C'est avec une profonde émotion que l'Organisation Mondiale de Sécurité Anti-Corruption et Criminalité (OMSAC) a appris le décès de Jean Ziegler, sociologue, écrivain, intellectuel engagé et ancien Rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l'alimentation.


Avec sa disparition, le monde perd l'une des voix les plus influentes, les plus libres et les plus déterminées dans la défense des peuples victimes de la faim, de l'injustice sociale, des inégalités économiques et des dérives d'un système international souvent dominé par les intérêts financiers au détriment de la dignité humaine.


Durant plus de soixante années, Jean Ziegler a consacré sa vie à dénoncer les mécanismes de domination économique, les logiques d'exploitation des peuples du Sud et les conséquences humaines des déséquilibres mondiaux. Son engagement constant en faveur des droits fondamentaux a marqué plusieurs générations de chercheurs, de militants, de responsables politiques et de défenseurs des droits humains à travers le monde.


Son parcours fut celui d'un homme de convictions qui n'a jamais hésité à remettre en question les puissances établies lorsque celles-ci portaient atteinte à la justice sociale ou aux droits des populations les plus vulnérables.


Dès 1961, au Congo nouvellement indépendant, il fut témoin des événements tragiques ayant conduit à la chute du Président Patrice Lumumba. Cette expérience marquera profondément sa vision du monde et nourrira son combat contre toutes les formes de domination, de néocolonialisme et d'injustice internationale.


En qualité de Rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l'alimentation entre 2000 et 2008, Jean Ziegler a porté avec courage la voix de millions d'êtres humains victimes de la faim. Il rappelait inlassablement une vérité fondamentale : dans un monde capable de produire suffisamment pour nourrir l'ensemble de l'humanité, la faim n'est pas une fatalité mais une injustice.


Auteur de nombreux ouvrages traduits dans plusieurs langues, il a consacré sa vie intellectuelle à documenter les effets sociaux de la mondialisation, à dénoncer les excès des oligarchies financières et à défendre une vision plus équitable des relations internationales.


Jusqu'à ses dernières années, Jean Ziegler est demeuré fidèle à ses convictions. Son dernier ouvrage, Où est l'espoir ?, publié en 2024, témoigne de cette volonté intacte de transmettre son expérience, son analyse critique du monde contemporain et sa foi dans la capacité des peuples à construire davantage de justice.


L'OMSAC tient également à saluer son engagement constant en faveur du multilatéralisme, du rôle des Nations Unies et du respect du droit international. Dans un contexte marqué par la fragmentation croissante des relations internationales, il demeurait l'un des défenseurs les plus lucides de la coopération entre les peuples et de la primauté du droit sur les rapports de force.


Au-delà de l'intellectuel, c'est un homme profondément attaché à la dignité humaine qui disparaît aujourd'hui. Son héritage intellectuel et moral continuera d'inspirer celles et ceux qui œuvrent pour la justice, la transparence, la paix et la solidarité internationale.


En cette circonstance douloureuse, l'Organisation Mondiale de Sécurité Anti-Corruption et Criminalité adresse ses sincères condoléances à sa famille, à ses proches, à ses collaborateurs ainsi qu'à tous ceux qui, à travers le monde, poursuivent les combats qu'il a menés avec courage et détermination.


La disparition de Jean Ziegler marque la fin d'une époque, mais son message demeure plus actuel que jamais.


Que son engagement en faveur de la dignité humaine, de la justice sociale et de la solidarité entre les peuples continue d'éclairer les générations futures.

Jean Ziegler (1934-2026)


A Gaza, les états occidentaux sont complices


Du terrorisme au terrorisme d’État » – Dans cet article publié en octobre 2024, il revient sur l’escalade qui a conduit à la campagne d’anéantissement de Gaza menée par l’État israélien : https://lvsl.fr/du-terrorisme-au-terrorisme-detat-par-jean-ziegler


Vaincre la pandémie, abattre les oligarchies financières, par Jean ZIEGLER


Vaincre la pandémie, abattre les oligarchies financières » – Dans ce papier datant de juillet 2020, il analyse la manière dont l’architecture économique dominante a accru les maux de la pandémie : https://lvsl.fr/vaincre-la-pandemie-abattre-les-oligarchies-financieres-par-jean-ziegler/


Nous assistons a une régression des normes internationales vers la sauvagerie

Nous assistons à une régression des normes internationales vers la sauvagerie » – Dans cet entretien réalisé en mai 2018, il détaillait la fragmentation en cours de l’ordre multilatéral, et appelait à un renforcement des compétences de l’ONU : https://lvsl.fr/nous-assistons-a-une-regression-des-normes-internationales-vers-la-sauvagerie-entretien-avec-jean-ziegler/


JEAN ZIEGLER (1934-2026)

L'homme qui refusait de se taire face à l'injustice

Témoignage de Christian David


Cher Jean Ziegler,

J'ai eu l'honneur de vous rencontrer dans les couloirs du Palais des Nations à Genève. Je vous connaissais, bien sûr. J'étais admiratif de votre courage, de votre franc-parler et de votre capacité sincère à l'indignation. J'avais lu tout d'abord votre livre « La Suisse lave plus blanc », publié à la fin des années septante et qui vous avait valu tant de critiques. J'avais été estomaqué par votre prise de position argumentée et incontestable, qui se révéla tellement exacte au fil des années.


Un combattant infatigable des causes humanitaires

Vous étiez de tous les combats humanitaires avec cette détermination unique, une connaissance parfaite des dossiers et une vive intelligence pour les expliquer avec simplicité afin de les rendre abordables à chacun. Vous avez côtoyé tellement de personnages de l'histoire du XXᵉ siècle, ce qui vous avait valu tant de critiques, voire de menaces. Fidel Castro, Che Guevara, Thomas Sankara, Saddam Hussein... Vous en parliez de manière simple, comme si cela avait constitué de simples péripéties dans votre parcours.


Je vous ai interviewé à trois reprises pour des magazines distribués dans des organisations internationales. Vous étiez toujours de bon conseil quand vous me faisiez l'honneur de me contacter pour commenter un de mes articles ou me proposer un sujet futur.


Le combat contre l'oubli : l'exemple du noma

Vous m'aviez d'ailleurs appelé pour me suggérer de réaliser un dossier sur cette maladie affreuse qu'est le noma et qui touche surtout les enfants souffrant de malnutrition. Une bactérie ronge les chairs du visage et l'enfant est défiguré alors que le traitement par antibiotique ne coûte que 2 dollars.


Vous étiez révolté que cette terrible maladie ne soit pas classée par l'OMS dans la liste des maladies tropicales négligées. Quelque temps après la publication de ce dossier, le noma a été classé dans cette liste, ce qui a eu pour conséquence de mobiliser des ressources supplémentaires.


Une immense figure, une simplicité désarmante

Votre simplicité transparaissait également car vous vous considériez comme un citoyen comme les autres. On pouvait trouver vos coordonnées à Russin directement en consultant l'annuaire. Et pourtant, on avait coutume de dire que les Suisses les plus connus à l'étranger étaient Roger Federer et Jean Ziegler.


« Il n’y a pas d’impuissance en démocratie »

À une question que je vous posais sur la faim dans le monde, vous m'avez répondu de votre voix inimitable :

« Il n’y a pas d’impuissance en démocratie. Il existe des mesures concrètes que nous, citoyens et citoyennes des États démocratiques d’Europe, pouvons imposer immédiatement : interdire la spéculation boursière sur les produits alimentaires ; faire cesser le vol de terres arables par les sociétés multinationales ; empêcher le dumping agricole ; obtenir l’annulation de la dette extérieure des pays les plus pauvres pour qu’ils puissent investir dans leur agriculture vivrière ; en finir avec les agrocarburants... Tout cela peut être obtenu si nos peuples se mobilisent. J’ai écrit Destruction massive, géopolitique de la faim pour fortifier la conscience des citoyens. Je le répète, pendant que nous discutons, toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim. Les charniers sont là. Et les responsables sont identifiables. »

Un héritage qui demeure

Vous nous manquez déjà, cher Monsieur Ziegler.

Puisse votre héritage demeurer dans les consciences et permettre à certains de nos décideurs de s'affranchir de leurs postures, de leurs intérêts particuliers et d'œuvrer, comme vous l'avez si bien fait, pour l'humanité.


"Un homme peut mourir, mais les idées qu'il a défendues continuent de vivre."

Département presse & médias


 
 
 

Commentaires


Clause de responsabilité et portée juridique

Nos rapports et enquêtes sont fondées sur des informations accessibles, des recoupements factuels et des analyses professionnelles. Elles ne constituent en aucun cas des enquêtes judiciaires, policières ou administratives, ni des décisions de justice.

Conformément aux statuts de l’OMSAC, nos missions officielles sont la lutte contre la corruption, la criminalité, le trafic d’influence, la fuite des capitaux, le blanchiment d’argent, la défense des droits de l’homme, la traite des êtres humains, l’immigration clandestine et la protection de la liberté d’expression à l’échelle mondiale.

L’OMSAC mène ses propres enquêtes et investigations. Lorsqu’elle reçoit des informations ou des alertes, celles-ci sont analysées, étudiées et expertisées par le Département Intégrité et Investigations, en coordination avec le Département Juridique. Selon la gravité et la nature des faits constatés, ces départements décident de la transmission des dossiers aux institutions sécuritaires ou judiciaires compétentes du pays concerné. À partir de ce point, la mission de l’OMSAC prend fin.

L’OMSAC n’est ni une autorité de poursuite, ni un organe juridictionnel, ni un service de police ou de renseignement. Les constats, opinions et conclusions exprimés sur ces pages ne sauraient être assimilés à des accusations pénales, à des jugements de culpabilité ou à des décisions judiciaires. Toute responsabilité pénale, disciplinaire ou administrative relève exclusivement des institutions légalement compétentes, conformément au droit national et international applicable.

Les personnes ou entités mentionnées sur ces pages bénéficient pleinement de la présomption d’innocence et des droits fondamentaux garantis par le droit international. Ces documents ont pour unique objectif de contribuer au débat public, à la transparence institutionnelle et à l’amélioration de la gouvernance, dans le strict respect des cadres légaux et des normes internationales.

READ MORE
bottom of page