Une serviette pour écran de fumée : quand la gouvernance arbitrale perd toute crédibilité
- omsac actualités

- il y a 2 jours
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Les événements survenus lors de la finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc ne sauraient être réduits à des controverses sportives ordinaires. Ils constituent les manifestations visibles d’un dysfonctionnement structurel profond, révélateur d’une perte d’indépendance des organes de gouvernance et d’arbitrage du football africain.
À cet égard, la prise de parole publique de M. Olivier Safari Kabene, président de la Commission des arbitres de la CAF, ne peut être analysée comme une simple maladresse communicationnelle. Elle s’apparente, au regard des standards de gouvernance, à une défaillance grave de responsabilité, traduisant une subordination manifeste à des intérêts extérieurs à l’exigence d’équité sportive.
Une communication dilatoire assimilable à un aveu
En focalisant son intervention sur une prétendue irrégularité matérielle mineure — l’usage d’une « serviette » par un gardien de but — présentée comme une violation réglementaire déterminante, M. Safari Kabene a opéré une stratégie de diversion caractérisée. Cette manœuvre vise à éluder les faits centraux et objectivement constatables : pressions collectives, intimidations, désordre sécuritaire et atteintes à l’intégrité physique et morale d’un joueur en exercice.
Une telle communication ne relève plus de la pédagogie réglementaire, mais d’un détournement de l’objet du débat, destiné à neutraliser toute analyse critique des responsabilités institutionnelles. En droit, ce procédé est connu : il consiste à déplacer artificiellement la discussion pour éviter l’examen de faits potentiellement constitutifs de fautes graves.
Une responsabilité institutionnelle engagée
Le silence, puis la justification implicite de comportements inadmissibles sur le terrain, exposent la Commission des arbitres de la CAF à une mise en cause directe de sa crédibilité et de sa légitimité. L’occultation volontaire de faits graves, au profit d’une lecture opportuniste et sélective des règlements, constitue une rupture manifeste du principe d’impartialité, pourtant consacré par les statuts et codes d’éthique de la CAF et de la FIFA.
Dans toute gouvernance saine, l’arbitrage n’est pas un instrument d’ajustement politique. Il est un pilier de la confiance publique. Lorsque cette fonction devient un outil de normalisation de l’inacceptable, c’est l’ensemble du système qui bascule dans l’arbitraire.
Une crise de légitimité désormais continentale
La réaction des opinions publiques africaines témoigne d’un rejet clair et massif de cette gouvernance dévoyée. Cette contestation ne relève ni de l’émotion ni du populisme, mais d’une exigence de responsabilité et de justice. Elle traduit une perte de confiance irréversible envers des instances perçues comme captives de réseaux d’influence et de logiques extra-sportives.
L’Afrique réclame désormais :
Une rupture institutionnelle profonde, impliquant la remise en cause de l’actuelle architecture décisionnelle et l’exclusion des responsables ayant failli à leur devoir d’indépendance et de probité.
La judiciarisation des faits graves, dès lors que les mécanismes disciplinaires internes ont démontré leur incapacité à garantir une justice impartiale. La corruption, le trafic d’influence et l’abus de pouvoir relèvent du droit pénal et non de simples commissions internes.
La position constante de l’OMSAC
L’OMSAC réaffirme que son action s’inscrit dans le temps long, avec méthode, rigueur et détermination. Chaque fait documenté, chaque prise de position publique, chaque contradiction relevée alimente un corpus destiné à établir les responsabilités individuelles et systémiques.
La CAN 2025 restera comme un révélateur. Elle marque non seulement l’ampleur de la crise, mais aussi le début d’une exigence de reddition des comptes à laquelle nul ne pourra durablement se soustraire.
Le football africain est un bien commun. Il ne saurait être confisqué par des intérêts privés, des lobbies ou des stratégies de domination.

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