Souveraineté des États et Gouvernance du Sport : Pour une redéfinition équilibrée de l’autonomie sportive en Afrique
- omsac actualités
- il y a 4 heures
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L’heure n’est plus à la prudence diplomatique. Il est temps de dire clairement ce que beaucoup d’États africains pensent tout bas : L’autonomie sportive internationale ne peut pas devenir un instrument de neutralisation des politiques nationales de lutte contre la corruption. Lorsque des gouvernements déclenchent des enquêtes légitimes pour :
corruption,
détournement de fonds publics,
blanchiment,
trafic d’influence,
malversations dans la gestion des subventions publiques,
et que des dirigeants mis en cause invoquent les statuts de fédérations internationales pour bloquer l’action judiciaire nationale,nous ne sommes plus dans la protection du sport.
Nous sommes face à un conflit direct entre souveraineté nationale et pouvoir normatif supranational non élu.
Une dérive dangereuse
La suspension sportive est devenue, dans certains cas, un levier de pression politique.
Le mécanisme est connu :
L’État agit contre des pratiques illégales.
Les responsables concernés dénoncent une “ingérence”.
L’instance internationale menace de suspendre le pays.
La pression populaire s’exerce sur le gouvernement.
La réforme est gelée.
Ce schéma crée une distorsion grave :
Le football devient un bouclier pour l’impunité.
La ligne rouge : les deniers publics
Un principe doit être réaffirmé sans ambiguïté :
Lorsqu’une fédération, un club ou une ligue bénéficie de financements publics,elle entre dans le champ de contrôle légitime de l’État.
Aucune disposition statutaire privée ne peut neutraliser :
les lois pénales,
les autorités judiciaires,
les institutions anticorruption,
les juridictions financières.
L’autonomie administrative du sport ne saurait constituer une immunité pénale.
Une question stratégique pour l’Afrique
La répétition de ces situations soulève une interrogation majeure :
Pourquoi les sanctions pour “ingérence” frappent-elles de manière disproportionnée les pays africains et certains États du Sud ? La dépendance financière,la centralité du football dans la cohésion sociale,et l’asymétrie des rapports de force internationaux créent un terrain favorable aux pressions.
À terme, cette dynamique fragilise :
la stabilité institutionnelle,
la crédibilité des réformes,
la souveraineté juridique des États.
Un appel clair aux gouvernements africains
Le moment est venu d’agir collectivement.
Les États doivent :
Refuser toute assimilation entre poursuite pénale et ingérence politique.
Encadrer juridiquement la gestion des fonds publics alloués au sport.
Imposer des audits systématiques indépendants.
Inscrire dans la loi la primauté des juridictions nationales en matière de criminalité financière.
Porter le débat au niveau de l’Union Africaine pour établir une position continentale commune. L’action isolée expose. L’action coordonnée protège.
Ce combat n’est pas contre le sport.
Il est pour :
l’intégrité,
la transparence,
la responsabilité,
la souveraineté.
Protéger des dirigeants impliqués dans des crimes financiers au nom de l’autonomie sportive est une dérive dangereuse.
Le sport ne peut pas être un territoire d’exception juridique.
Message aux instances internationales
L’autonomie ne doit pas signifier impunité.
Les organisations sportives internationales ont le devoir moral et institutionnel de
distinguer les conflits politiques des infractions pénales,
coopérer avec les autorités judiciaires nationales,
refuser de devenir l’abri stratégique de dirigeants mis en cause pour corruption. La crédibilité mondiale du sport dépend de cette clarification.
Conclusion : Le temps de la fermeté est venu
Les États africains n’ont pas à choisir entre :
leur souveraineté et leur participation aux compétitions internationales.
La lutte contre la corruption ne constitue pas une ingérence. Elle constitue une obligation. Encourager les gouvernements à défendre leurs institutions, c’est défendre l’avenir du sport africain.
La souveraineté ne se négocie pas. Elle s’exerce.
Département presse & médias de l'OMSAC

