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Quand Gianni Infantino entre sur le terrain politique au service des forces occultes

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    omsac actualités
  • 11 juin
  • 8 min de lecture

Dernière mise à jour : 13 juin

Quand Gianni Infantino entre sur le terrain politique au service des forces occultes

Léa FERRER, cadre du Département Intégrité et Investigations de l'OMSAC, interpelle et recadre Gianni Infantino sur le respect de la neutralité sportive et de la souveraineté des États. Le 10 juin 2026, à Mexico, à la veille du coup d'envoi de la Coupe du Monde 2026, le président de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA), Gianni Infantino, a provoqué une vive controverse en s'exprimant publiquement sur la situation du journaliste français Christophe Gleizes, condamné par la justice algérienne. Au cours de cette intervention médiatique, il a notamment évoqué la possibilité d'une mesure de clémence en faveur de l'intéressé.


Derrière les sourires officiels et les poignées de mains protocolaires, quel agenda Gianni Infantino président de la FIFA sert-il réellement ? Enquête sur un double jeu politique.


Pour l'OMSAC, le dérapage de Gianni Infantino à Mexico ne constitue pas un incident isolé, mais s'inscrit dans une continuité préoccupante que nous dénonçons depuis plusieurs années. Cette intervention publique dans une affaire relevant de la souveraineté d'un État confirme les inquiétudes formulées dans notre publication du 19 juin 2026 consacrée aux dérives de gouvernance observées au sein du football mondial.


Les faits démontrent que les alertes lancées par notre organisation n'étaient ni excessives ni prématurées. Elles reposaient sur l'observation d'une évolution préoccupante de la FIFA vers un modèle où les considérations politiques, diplomatiques et médiatiques prennent une place croissante au détriment des principes de neutralité qui devraient guider une institution sportive internationale.


Notre analyse complète est disponible à l'adresse suivante :


Pour Léa FERRER, cadre du Département Intégrité et Investigations de l'OMSAC, cette prise de position constitue un dépassement particulièrement préoccupant des prérogatives institutionnelles du président de la FIFA. En intervenant publiquement sur une affaire judiciaire relevant exclusivement de la compétence des autorités algériennes, Gianni Infantino a ouvert un débat majeur sur le respect du principe de neutralité sportive, de non-ingérence et de souveraineté des États, pourtant au cœur des valeurs que la FIFA affirme défendre.


Cette déclaration, prononcée dans le cadre officiel d'un événement mondial organisé sous l'autorité de la FIFA, soulève des interrogations légitimes quant à la frontière entre gouvernance sportive et intervention politique. Pour l'OMSAC, cet épisode s'inscrit dans une série de dérives déjà documentées au cours des dernières années, illustrant une tendance croissante à instrumentaliser l'influence du football mondial au service d'objectifs dépassant largement le cadre strictement sportif.


L'affaire mérite donc une analyse approfondie, tant pour ses implications institutionnelles que pour le précédent qu'elle pourrait créer dans les relations entre les organisations sportives internationales et les États souverains.


Une prise de position qui interroge

Pour de nombreux observateurs, la question centrale n'est pas tant celle du dossier judiciaire lui-même que celle du positionnement adopté par le président de la plus importante organisation sportive mondiale.


La FIFA rassemble 211 associations nationales membres représentant des États aux systèmes juridiques, politiques et institutionnels extrêmement divers. Cette diversité a historiquement conduit l'organisation à revendiquer un principe de neutralité et de non-ingérence dans les affaires politiques et judiciaires des États.


Dans ce contexte, certains analystes considèrent que toute intervention publique concernant une décision relevant de la souveraineté d'un État membre peut être perçue comme une prise de position politique susceptible d'alimenter des tensions diplomatiques.


Le rappel nécessaire du principe de souveraineté

Au-delà des considérations médiatiques et des débats d'opinion, il convient de rappeler un principe fondamental du droit international : l'Algérie est un État souverain, membre des Nations unies, disposant de ses propres institutions, de sa propre Constitution et d'une justice chargée d'appliquer les lois de la République.


À ce titre, toute procédure judiciaire engagée sur son territoire relève exclusivement de la compétence de ses autorités nationales et de ses juridictions souveraines. Quelles que soient les sensibilités politiques ou médiatiques entourant une affaire, il n'appartient ni à une fédération sportive internationale ni à son président de s'ériger en arbitre des décisions rendues par les tribunaux d'un État membre.


La déclaration de Gianni Infantino à Mexico constitue, à tout le moins, une entorse à la réserve institutionnelle que l'on est en droit d'attendre du dirigeant de la plus grande organisation sportive de la planète. Pour de nombreux observateurs, cette prise de position apparaît difficilement conciliable avec le principe de neutralité que la FIFA invoque régulièrement lorsqu'elle est confrontée à d'autres crises internationales.


Cet épisode vient également alimenter les interrogations déjà soulevées dans plusieurs analyses consacrées à l'évolution de la gouvernance de la FIFA sous l'ère Infantino. Il renforce le sentiment, partagé par certains acteurs du monde sportif et institutionnel, que le football mondial est de plus en plus exposé à des considérations diplomatiques, médiatiques et politiques qui dépassent largement son cadre naturel.


Un débat sur l'application du principe de neutralité

Les critiques formulées à l'égard de cette déclaration s'inscrivent dans un débat plus large concernant l'application du principe de neutralité par les institutions sportives internationales.


Depuis plusieurs années, la FIFA est régulièrement confrontée à des situations impliquant des conflits armés, des crises diplomatiques, des questions relatives aux droits fondamentaux ou des contentieux judiciaires nationaux.


Certains observateurs estiment que l'organisation adopte parfois des positions publiques sur certains dossiers tout en restant silencieuse sur d'autres situations comparables, ce qui nourrit des interrogations sur la cohérence de son approche.

Cette perception d'une application variable des principes de neutralité contribue à fragiliser la crédibilité de l'institution auprès d'une partie de l'opinion publique internationale.


Le dérapage de trop de Gianni Infantino : entre ingérence et deux poids, deux mesures

C’est le dérapage de trop pour le président de la FIFA. En réclamant la grâce d’un journaliste sportif français condamné à sept ans de prison en Algérie afin qu’il puisse assister à la Coupe du monde, Gianni Infantino ignore et bafoue ouvertement la souveraineté des États. L’Algérie est un pays souverain et indépendant, dont les institutions doivent être respectées.


Cependant, il aurait été bien plus louable qu’Infantino se souvienne des centaines de journalistes palestiniens tués ou croupissant dans les prisons israéliennes, ainsi que des milliers de femmes et d’enfants exterminés par les bombes et les armes de Donald Trump et du gouvernement génocidaire de Benjamin Netanyahou. Pourquoi ne défend-il pas également l’arbitre somalien interdit d’entrée sur le territoire américain pour participer au Mondial, ou encore les délégations sportives officielles humiliées dans les aéroports ?


Une Coupe du monde hors de contrôle et soumise au diktat américain

Le président de la FIFA n'a pas le courage de l'admettre, mais il a manifestement perdu le contrôle de la Coupe du monde. C’est désormais la discrimination qui dirige le football.


Le meilleur arbitre du continent africain s'est vu interdire l'accès aux États-Unis, tandis que des délégations officielles ont été accusées à tort et ont vu leur préparation gâchée parce que Washington a refusé de les accueillir sur son sol. Aujourd'hui, des supporters et des journalistes de nombreux pays sont privés de Mondial à cause des interdictions de voyager et des restrictions arbitraires sur les visas. Êtes-vous seulement gêné par ce qui se passe, Monsieur Infantino ?

Allez-vous enfin accepter l'idée que vous avez perdu le contrôle de votre propre tournoi ?


L'insoutenable politique du "deux poids, deux mesures

Les États-Unis devraient être sanctionnés et exclus de la compétition. Souvenez-vous d'un précédent : en février 2022, la FIFA n'avait pas hésité à exclure la Russie du Mondial au Qatar, sous le seul prétexte qu'elle avait déclenché une opération militaire en Ukraine.


Aujourd'hui, face à un scénario tout aussi discriminatoire et scandaleux de la part des États-Unis, la FIFA garde un silence complice. C’est une injustice pure et simple. La FIFA devrait exclure les États-Unis de cette Coupe du monde sans aucune autre condition. Malheureusement, vous manquez de courage. Le véritable chef de la FIFA semble être celui que vous avez consacré comme un "homme de paix", vous qui avez répondu présent à la naissance du fameux "Conseil de la Paix".


Un rappel aux principes fondamentaux : séparez le sport de la politique

Si vous avez déclaré par le passé que vous ne contrôliez pas les affaires intérieures américaines concernant l’octroi des visas et que cela dépassait vos compétences, soyez cohérent. Il est d'autant plus logique de ne pas vous immiscer dans les prérogatives d’autres États en réclamant la grâce d’un journaliste.


Respectez le principe de souveraineté des nations et de l’indépendance de leurs institutions — ce même principe sur lequel vous vous êtes pourtant appuyé pour vous délester de toute responsabilité face aux crises qui ont entouré l'organisation du Mondial.


Restez dans votre domaine de compétence et appliquez enfin le refrain que vous répétez si souvent : ne mélangez pas le sport et la politique. Laissez la politique de côté et concentrez-vous sur ce qui unit les peuples à travers le football. Ce sera bien mieux pour vous, et pour le football.


CAF : Première force électorale de la FIFA, mais incapable de défendre ses propres enfants ?

Face à cette situation, le silence de la Confédération Africaine de Football (CAF) apparaît aussi préoccupant qu'incompréhensible. Comment la CAF peut-elle demeurer spectatrice face à ce que beaucoup considèrent comme une profonde injustice infligée à l'un des arbitres les plus respectés du continent ?


Cette absence de réaction alimente un sentiment grandissant de dépendance et de perte de souveraineté au sein de la gouvernance du football africain. Elle confirme les inquiétudes soulevées dans notre enquête sur la mainmise progressive du président de la FIFA sur le football africain entre 2021 et 2026.


Les faits observés démontrent une influence croissante de Zurich sur les centres de décision du continent, au point de réduire la capacité de certaines institutions africaines à défendre leurs propres intérêts et ceux de leurs représentants. Cette enquête est consultable à l’adresse suivante : https://www.omsac.org/post/quand-le-football-africain-est-pris-en-otage-et-manipulé-chronique-d-une-dérive-organisée


Alors que la CAF représente, par le nombre de ses associations membres, l'un des blocs électoraux les plus influents de la FIFA, elle semble aujourd'hui incapable de faire entendre une voix forte lorsqu'il s'agit de défendre les intérêts, la dignité et les compétences africaines.


Le paradoxe est frappant : sans le soutien massif des fédérations africaines, aucune élection à la présidence de la FIFA ne peut être envisagée sereinement. Pourtant, cette puissance politique potentielle ne se traduit que rarement par une capacité réelle à peser sur les décisions stratégiques ou à protéger les acteurs du football africain lorsqu'ils sont confrontés à des situations controversées.


Il est temps que la CAF assume pleinement son rôle institutionnel et défende avec fermeté les intérêts du football africain. Le respect dû aux arbitres, aux joueurs, aux dirigeants et aux supporters du continent ne peut être sacrifié au profit de calculs politiques ou d'alignements de circonstance. L'Afrique du football mérite une gouvernance forte, indépendante et capable de faire entendre sa voix sur la scène internationale.


Le risque d'une politisation croissante du football

Au-delà du cas particulier évoqué à Mexico, cet épisode relance une question fondamentale : jusqu'où les dirigeants sportifs internationaux peuvent-ils intervenir dans des débats qui dépassent le strict cadre du sport ?

Le football demeure l'un des rares espaces capables de rassembler des peuples, des cultures et des nations aux intérêts parfois divergents.


Sa crédibilité repose largement sur sa capacité à demeurer un terrain de rencontre universel, indépendant des rivalités politiques et géopolitiques.

Lorsque les responsables sportifs s'expriment sur des questions sensibles relevant des compétences souveraines des États, certains craignent que le football soit progressivement entraîné dans des controverses qui dépassent sa vocation première.


Une question essentielle pour l'avenir

L'incident de Mexico illustre un débat qui ne cessera probablement de prendre de l'ampleur dans les années à venir : quelle doit être la frontière entre l'engagement institutionnel des organisations sportives internationales et le respect du principe de neutralité ?


Pour de nombreux acteurs du football, la réponse à cette question déterminera en partie la capacité de la FIFA à conserver son rôle de fédérateur mondial au service de tous les peuples et de toutes les nations.


Conclusion

La déclaration de Gianni Infantino à Mexico ne constitue pas seulement un épisode médiatique. Elle soulève une réflexion plus profonde sur la place qu'occupe aujourd'hui la FIFA dans les équilibres internationaux.

À mesure que le football devient un acteur économique, médiatique et diplomatique de premier plan, la nécessité de préserver son impartialité, sa crédibilité et sa vocation universelle apparaît plus essentielle que jamais. Le football unit les peuples lorsqu'il reste au-dessus des clivages.


Sa force réside dans sa capacité à rassembler, et non à diviser.

Si la FIFA souhaite préserver sa légitimité auprès des milliards de passionnés qui font vivre ce sport à travers le monde, elle devra veiller à respecter avec la même rigueur les principes de neutralité, d'impartialité et de respect de la souveraineté de l'ensemble de ses associations membres, sans distinction de puissance, d'influence ou de position géopolitique.


Département Intégrité & Investigations

 
 
 

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