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Le Maroc face à l'économie du cannabis : anatomie d’un système transnational – Rapport premier semestre 2025

  • Photo du rédacteur: omsac actualités
    omsac actualités
  • 3 août 2025
  • 2 min de lecture

Le Maroc, considéré depuis plusieurs décennies comme l’un des principaux producteurs mondiaux de résine de cannabis, occupe aujourd’hui une place stratégique dans la cartographie des trafics transnationaux. Toutefois, réduire ce rôle à celui d’un simple fournisseur des cartels ou des groupes armés non étatiques serait une lecture simpliste, partiale, voire diplomatiquement risquée. La réalité est plus complexe, enchevêtrée, et en constante mutation.


1. Une production enracinée : entre géographie et économie rurale

Le cannabis est principalement cultivé dans la région montagneuse du Rif, où les conditions naturelles, l’absence d’alternatives économiques viables, et des traditions agricoles anciennes ont favorisé son enracinement. Malgré les efforts déployés par les autorités pour réduire cette production, le Maroc reste un des premiers fournisseurs de résine de cannabis vers l’Europe.


2. Des réseaux transnationaux sophistiqués

La résine de cannabis quitte le Maroc principalement par voie maritime ou terrestre, transitant souvent par l’Espagne, le Portugal et la France. Ces flux sont organisés par des réseaux transnationaux de criminalité organisée, souvent bien structurés, technologiquement équipés, et capables de coopérer avec des groupes implantés dans plusieurs continents.


3. Connexions avec le trafic d’armes

Il existe des liens documentés entre les trafics de stupéfiants et d’armes. Les profits générés par la vente de cannabis sont fréquemment réinvestis dans l’achat d’armes, lesquelles peuvent alimenter des conflits locaux ou être revendues à des acteurs non étatiques armés dans des zones instables, notamment dans certaines régions du Sahel. Ces échanges s’effectuent via des circuits parallèles, difficiles à tracer.


4. Financement de groupes violents

Plusieurs rapports internationaux signalent que certains groupes extrémistes violents, notamment dans des régions sahéliennes fragiles, profitent indirectement du commerce de stupéfiants pour financer leurs activités. Toutefois, il est essentiel de souligner que ces flux suivent des circuits décentralisés et ne relèvent pas nécessairement d’une implication directe ou officielle de l’État marocain. La résine produite au Maroc change souvent plusieurs fois de mains avant d’atteindre ces groupes.


5. La stratégie du Maroc : entre répression et transition

Le Maroc a engagé une politique de répression à grande échelle contre le trafic de stupéfiants, en coopération avec des partenaires européens. Des milliers de tonnes de résine de cannabis sont saisies chaque année, en plus de drogues synthétiques et de cocaïne.


Parallèlement, le royaume a lancé une stratégie de reconversion agricole dans la région du Rif, destinée à proposer aux agriculteurs des cultures alternatives (plantes médicinales, oliviers, etc.) et à légaliser, dans certains cas, une production de cannabis à usage thérapeutique ou industriel sous contrôle étatique.


6. Une approche internationale nécessaire

L’économie mondiale du cannabis ne peut être appréhendée uniquement à l’échelle nationale. Le cas du Maroc illustre la manière dont des logiques locales (pauvreté, marginalisation, géographie) s’imbriquent dans des logiques régionales et internationales (trafic d’armes, flux migratoires, instabilité au Sahel). Toute réponse durable à cette problématique nécessite une coopération internationale renforcée, à la fois en matière de sécurité, de développement rural et de traçabilité financière.


Département presse & médias de l'OMSAC




 
 
 

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