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COSP11 Doha 2025 — Quand la lutte anti-corruption doit aussi s’évaluer elle-même

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    omsac actualités
  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture
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La Onzième session de la Conférence des États Parties à la Convention des Nations Unies contre la corruption (UNCAC)

se tiendra du 15 au 19 décembre 2025 à Doha - QATAR. Cet événement, considéré comme la principale instance mondiale de gouvernance anti-corruption, réunit près de 190 États Parties, ainsi qu’un nombre croissant d’acteurs institutionnels, économiques et non étatiques. Mais à l’heure où la corruption transnationale et la criminalité s’enracinent dans de nouveaux espaces – numérique, énergétique, géopolitique – l’efficacité réelle des mécanismes internationaux est mise à l’épreuve.


L’enjeu de la COSP11 n’est donc pas seulement d’adopter de nouvelles résolutions. Il est de mesurer la crédibilité d’un système international qui doit désormais démontrer qu’il sait sanctionner, récupérer les fonds volés, protéger les lanceurs d’alerte et coordonner les États. Or les chiffres parlent d'eux-mêmes : plus des deux tiers des pays du monde obtiennent un score inférieur à 50/100 dans l’indice de perception de la corruption (IPC) 2024.


Depuis 2010, seuls quelques milliards de dollars d’avoirs ont été restitués aux pays lésés selon le programme StAR (UNODC / Banque mondiale), alors même que des centaines de milliards de flux illicites circulent chaque année. Ces bilans montrent que la lutte mondiale contre la corruption n’a pas seulement besoin d’être renforcée : elle doit être évaluée.

Doha, scène géopolitique et test diplomatique

Le choix du Qatar n’est pas neutre. Le pays a développé depuis une décennie une stratégie de soft power à haute intensité : Médiation internationale, événements mondiaux, investissements stratégiques, diplomatie économique. Accueillir la COSP11 n’est donc pas seulement un acte logistique : c’est une vitrine internationale, chargée de symboles, d’intérêts et de positionnement global.

Cela signifie que la conférence n’est pas qu’un forum : c’est un test. Un test pour la crédibilité des États, pour les instances internationales, et pour la communauté anticorruption mondiale.

L’OMSAC sera présente :

une posture nouvelle, une mission nouvelle

L’OMSAC ne viendra pas à Doha en spectateur ni en invité protocolaire. Son rôle est désormais clair : observer, documenter, analyser, évaluer les résultats et renforcer la redevabilité internationale.

Pour la première fois, l’organisation déploiera un dispositif d’observation international structuré : la Synergie Appliquée.

Ce groupe pluridisciplinaire unique réunit :

  • des juristes spécialisés en droit international et en criminalité financière,

  • des experts en recouvrement d’avoirs et en coopération judiciaire,

  • des spécialistes en renseignement économique, audit et cybersécurité,

  • des experts en droits humains et conformité,

  • des journalistes d’investigation,

  • des lanceurs d’alerte confirmés.


Ces représentants proviennent de plusieurs organisations et institutions. Pour la réussite de leur mission, ils agiront sous les couleurs de leurs pays respectifs. Confidentialité oblige.

Une présence silencieuse, mais déterminante

Cette année, Doha n’accueillera pas seulement une conférence. Elle accueillera aussi une évaluation internationale de la lutte anti-corruption elle-même. Et ceux qui croient encore qu’il s’agit d’un sommet comme les autres se trompent lourdement.


L’OMSAC vient avec un message clair : la lutte contre la corruption ne peut plus se permettre d’être un espace d’apparences, de relations publiques ou de diplomatie de façade. Les pratiques courantes de tourisme diplomatique et de rencontre formelle sans résultats n’ont plus leur place.


À Doha, chaque engagement, chaque discours, chaque résolution sera observé. Les promesses seront confrontées aux précédents. Les décisions seront comparées aux bilans. Ce sommet ne doit pas être un spectacle. Il doit être une preuve.


Sélection des meilleures initiatives continentales

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Dans le prolongement de sa mission de surveillance stratégique, l’OMSAC travaillera en collaboration avec la Synergie Appliquée, tandis que le choix des cinq meilleures recommandations ou projets présentés lors de la COSP11 — un par continent — sera piloté par le partenaire officiel de renommée mondiale, sponsor de cette initiative. L’annonce des cinq pays aura lieu après consultations, lors de la première quinzaine de janvier 2026.


Cette sélection ne sera ni symbolique ni protocolaire. Elle sera conduite par la Synergie Appliquée selon des critères rigoureux : innovation, faisabilité, transparence, impact concret, reproductibilité et contribution réelle à la lutte contre la corruption.


L’objectif est double : reconnaître et valoriser les initiatives les plus pertinentes, et instaurer une norme internationale claire : les engagements doivent produire des résultats tangibles, et les bonnes pratiques doivent être mises en lumière pour servir de modèles à l’échelle mondiale.


Ainsi, la COSP11 ne sera pas seulement un lieu de discours, mais un laboratoire d’excellence anticorruption, où les bonnes pratiques seront identifiées, suivies et partagées à l’échelle mondiale.

Leçons de la COSP10 et défis du système international

L’évaluation des précédentes éditions montre que beaucoup reste à faire :

  • les mécanismes de recouvrement d’avoirs sont trop lents et trop opaques ;

  • la coopération judiciaire internationale fonctionne à géométrie variable ;

  • les protections des lanceurs d’alerte demeurent insuffisantes ;

  • l’accès à l’information économique et aux registres de bénéficiaires effectifs est encore trop limité.

Les crises globales – guerre informationnelle, crypto-actifs, corruption climatique, attaques contre la gouvernance publique – accentuent encore l’urgence d’une nouvelle approche.

La fin de l’impunité institutionnelle

Pour la COSP11, l’OMSAC adopte une posture claire :

observer, documenter, analyser et rendre compte.

Non pas aux délégations présentes, mais à la communauté internationale dans son ensemble. Il ne s’agit pas de menacer, mais de prévenir :désormais, les engagements ne passeront plus inaperçus. Les pratiques seront évaluées. Les dérives, si elles existent, seront identifiées et contextualisées. Il est temps que ceux qui défendent l’intégrité soient aussi tenus à cette même intégrité.

Une évaluation mondiale du système anticorruption

Au terme de cette présence, l’OMSAC produira un Rapport d’Intégrité et d’Investigations, destiné aux États, aux organisations internationales et au Secrétariat général de l’ONU. Son but : évaluer la crédibilité du système et identifier ce qui doit changer.


Parce que la COSP11 ne doit pas seulement décider. Elle doit se prouver. Elle doit montrer que la lutte mondiale contre la corruption n’est pas un slogan mais un mécanisme vivant, précis et mesurable.


Doha 2025 marquera un tournant. La lutte contre la corruption ne se contente plus d’être proclamée. Désormais, elle s’évalue elle-même.


Département Intégrité & Investigations de l'OMSAC

 
 
 

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