CNEWS offre un nouveau costume à Chawki Benzehra : Celui de : «Lanceur d'alerte» !


De la revendication du statut de réfugié politique à la nouvelle étiquette médiatique : l’OMSAC dénonce une présentation qu’elle juge particulièrement préoccupante.
L’Organisation mondiale de sécurité anti-corruption et criminalité (OMSAC) exprime son indignation après la diffusion, sur CNEWS, d’une séquence présentant le dénommé Chawki Benzehra comme un « lanceur d’alerte ». Cette qualification a de quoi surprendre au regard des dossiers que notre Organisation suit depuis 2023 et des éléments judiciaires dont elle indique disposer concernant cet individu.
Voilà donc qu’après avoir bénéficié d’une protection internationale en France, Chawki Benzehra se voit désormais offrir une nouvelle tribune et une nouvelle étiquette médiatique : celle de lanceur d’alerte. Un changement de costume qui soulève de sérieuses interrogations. Car le statut de lanceur d’alerte ne saurait être une simple formule de plateau télévisé, encore moins un label que l’on attribue sans examen des faits, du parcours de la personne concernée et de la nature des informations qu’elle diffuse.
L’OMSAC, qui travaille depuis plusieurs années sur des dossiers liés aux lanceurs d’alerte, à l’intégrité institutionnelle et à la lutte contre la corruption, connaît les exigences attachées à cette notion. Un lanceur d’alerte signale des faits qu’il estime contraires à la loi ou à l’intérêt général et apporte des éléments permettant leur vérification.
Ce statut ne doit pas devenir un instrument de communication permettant de donner une apparence de légitimité à des déclarations polémiques, à des accusations répétées ou à des campagnes dirigées contre un pays et ses institutions. On ne devient pas lanceur d’alerte simplement parce qu’une chaîne de télévision décide de vous présenter comme tel.
Depuis 2023, l’OMSAC attire l’attention sur le dossier de Chawki Benzehra, ainsi que sur d’autres situations présentant, selon les éléments qu’elle examine, des problématiques comparables. L’Organisation affirme disposer de documents relatifs à des condamnations prononcées par la justice algérienne et entend que ces éléments soient examinés par les autorités compétentes, dans le respect des procédures applicables.
Elle considère qu’il est indispensable que les institutions chargées de la protection internationale disposent de toutes les informations pertinentes lorsqu’elles apprécient une situation individuelle. Ce qui préoccupe aujourd’hui l’OMSAC dépasse toutefois la seule personne de Chawki Benzehra.
À travers ses interventions publiques et ses prises de parole sur les réseaux sociaux, celui-ci multiplie, selon notre analyse, les attaques virulentes contre l’Algérie, ses institutions et ses autorités. Des propos visant également des citoyens algériens en raison de leurs positions ou de leur soutien aux institutions de leur pays méritent d’être examinés dans leur contexte et à la lumière des contenus effectivement diffusés.
Quand un plateau télévisé donne un nouveau costume !
La question est donc simple : pourquoi offrir une telle visibilité à une personne dont le parcours et les déclarations soulèvent autant d’interrogations, tout en la présentant au public sous une qualification aussi valorisante que celle de « lanceur d’alerte » ? CNEWS assume naturellement ses choix éditoriaux. Mais cette liberté s’accompagne d’une responsabilité : celle de contextualiser les interventions, de vérifier les affirmations présentées comme des faits et de ne pas transformer une appellation en caution médiatique.
Pour l’OMSAC, cette séquence intervient dans un contexte particulièrement délicat pour les relations entre la France et l’Algérie. Les tensions diplomatiques, les désaccords politiques et les blessures historiques pèsent déjà sur le dialogue bilatéral. Les communautés française et algérienne, ainsi que les familles liées aux deux pays, subissent les conséquences d’un climat de défiance qui exige davantage de responsabilité de la part de tous les acteurs publics.
Nous refusons que les controverses médiatiques deviennent un terrain de surenchère permanente, dans lequel les attaques contre l’Algérie et ses institutions sont mises en scène sans que les téléspectateurs disposent nécessairement de tous les éléments permettant d’en apprécier la portée. Nous refusons également que les notions de réfugié politique et de lanceur d’alerte soient utilisées comme de simples arguments de communication, détachés des exigences juridiques et factuelles qui leur donnent leur sens.
L’OMSAC ne prétend pas se substituer à la justice. Son rôle est de documenter les faits relevant de son champ d’action, de transmettre les éléments dont elle dispose et d’alerter les interlocuteurs compétents. C’est précisément dans cet esprit que notre Organisation a adressé ce jour des courriers officiels au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et à l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom).
En relation officielle avec le HCR sur ces dossiers depuis 2023, l’OMSAC demande que les éléments portés à la connaissance des institutions concernées soient examinés avec attention. Elle appelle à une vigilance accrue concernant les obligations et les responsabilités attachées à la protection internationale, ainsi que les éventuels éléments susceptibles d’être pertinents pour l’examen des situations individuelles. L’Organisation a également saisi l’OFPRA au sujet des dossiers relevant de sa compétence et l’Arcom afin que soit examiné le traitement audiovisuel de la séquence diffusée par CNEWS.
Notre démarche n’est pas dirigée contre la liberté d’expression. Elle vise à rappeler que la liberté d’expression ne transforme pas automatiquement toute accusation en vérité, toute polémique en alerte d’intérêt général, ni toute personne invitée sur un plateau en lanceur d’alerte.
L’OMSAC appelle les médias français à faire preuve de discernement lorsqu’ils abordent les questions algériennes et les relations entre les deux pays. Le débat contradictoire est légitime ; la critique des gouvernements l’est également. Mais la responsabilité journalistique impose de distinguer les faits établis des accusations, les décisions judiciaires des commentaires et les véritables alertes d’intérêt général des prises de parole dont la finalité doit être appréciée à partir d’éléments concrets.
CNEWS peut offrir un plateau et une étiquette. Cela ne suffit pas à établir la crédibilité d’une personne ni à effacer les questions que son parcours soulève.
L’OMSAC poursuivra son travail de documentation et de signalement auprès des institutions compétentes. Elle entend défendre une exigence fondamentale : la protection internationale doit être traitée avec sérieux, le statut de lanceur d’alerte doit conserver son sens et les médias doivent assumer leur responsabilité dans un contexte où chaque déclaration peut contribuer à apaiser les tensions ou, au contraire, à les aggraver.
La paix entre les peuples français et algérien mérite mieux que les surenchères médiatiques. La vérité des faits, le respect du droit et la responsabilité publique doivent rester au-dessus des stratégies de communication.
Karl SCHLECKER
Département Intégrité & Investigations





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