CAN 2025 – L’épisode nigérian : une défaillance organisationnelle aux implications institutionnelle
- omsac actualités

- 21 janv.
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L’absence de l’équipe nationale du Nigéria lors de la cérémonie officielle de remise des médailles de bronze de la CAN 2025, organisée à Rabat à l’issue de la finale Maroc–Sénégal, constitue un épisode significatif des dysfonctionnements ayant marqué cette édition.
Conformément au protocole des compétitions internationales, les Super Eagles — vainqueurs de l’Égypte aux tirs au but lors du match pour la troisième place — devaient recevoir leurs médailles le lendemain, lors de la cérémonie institutionnelle organisée après la finale. Leur absence ne saurait donc être assimilée à un simple incident protocolaire ; elle appelle une lecture plus rigoureuse des défaillances organisationnelles et financières constatées.
Des causes organisationnelles et financières avérées
Les éléments recueillis par la cellule Anticor-Sport du Département Intégrité et Investigations de l’OMSAC indiquent que cette absence résulte principalement de carences majeures dans la planification logistique. La Fédération Nigériane de Football (NFF) n’avait reçu aucune garantie claire concernant le transport, l’hébergement ou l’encadrement protocolaire de la délégation pour le déplacement vers Rabat, rendant matériellement impossible sa présence à la cérémonie.
À cette défaillance s’est ajoutée la pression des engagements contractuels des joueurs. Faute de sécurisation du calendrier protocolaire par la CAF, plusieurs internationaux ont été contraints de rejoindre leurs clubs dans les heures suivant leur victoire, compromettant toute possibilité de représentation collective.
Par ailleurs, une tension financière significative est apparue lorsque la délégation a été informée de retenues sur les dotations financières prévues par la CAF, présentées comme des « frais administratifs » insuffisamment justifiés. Cette situation a contribué à accentuer le sentiment de rupture entre les joueurs et l’instance organisatrice.
Une absence à forte portée institutionnelle
Si aucun communiqué de protestation formel n’a accompagné cette absence, celle-ci demeure hautement symbolique. Elle révèle une rupture entre les exigences protocolaires internationales et la capacité réelle de l’organisation à en garantir l’application. Dans un cadre institutionnel normalisé, une équipe médaillée ne devrait jamais se trouver dans l’impossibilité — pour des raisons logistiques ou financières — d’assister à une cérémonie officielle prévue par le règlement.
Un malaise qui dépasse le cas nigérian
Cet épisode s’inscrit dans une dynamique plus large observée tout au long de la CAN 2025 :
tensions logistiques récurrentes,
communication institutionnelle déséquilibrée,
et sentiment de déclassement exprimé par plusieurs grandes nations africaines.
À ce titre, le cas nigérian ne constitue pas une exception, mais un symptôme supplémentaire d’un problème structurel de gouvernance et d’organisation.
Conclusion
L’absence du Nigéria lors de la remise des médailles de bronze ne relève ni de l’anecdote ni de la polémique. Elle met en évidence une défaillance de la chaîne organisationnelle et financière d’une compétition majeure, là où rigueur, anticipation et respect du protocole auraient dû prévaloir.
Pour l’OMSAC, cet épisode confirme l’urgence d’un examen approfondi des mécanismes de gestion, de financement et de respect institutionnel au sein des compétitions africaines de haut niveau. À défaut de corrections structurelles, ces dysfonctionnements continueront d’affaiblir la crédibilité du football africain, au détriment de ses acteurs, de ses supporters et de son image internationale.

Les analyses, synthèses et rapports relatifs au football africain, au football international et à la CAN 2025, publiés par l’Organisation Mondiale de Sécurité Anti-Corruption et Criminalité (OMSAC) entre le 1er janvier 2025 et le 31 janvier 2026, sont protégés par le droit d’auteur et demeurent la propriété exclusive de l’OMSAC. Toute reproduction, diffusion, adaptation ou réutilisation, totale ou partielle, quel qu’en soit le support, sans autorisation écrite préalable, est strictement interdite et expose son auteur à des poursuites conformément aux lois et conventions internationales en vigueur.
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Karl SCHLEKER
Département Intégrité et Investigations




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