CAN 2025 – Attention : Paris illégaux, manipulation des matchs et arbitrage de faveur
- omsac actualités

- 10 févr. 2025
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 25 janv.

Le football africain face à une menace silencieuse mais structurée : Pilier culturel, social et sportif du continent, traverse aujourd’hui une période de vulnérabilité critique face à la montée en puissance des réseaux de paris illégaux et de criminalité organisée transnationale.
À quelques mois de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2025), compétition majeure et vitrine internationale du football africain, l’Organisation Mondiale de Sécurité Anti Corruption et Criminalité – OMSAC estime de sa responsabilité institutionnelle de déclencher une alerte préventive formelle, fondée sur des analyses rigoureuses, des rapports internationaux reconnus et les travaux de son Département Intégrité et Investigations. L’enjeu dépasse largement le cadre sportif : il touche à la crédibilité des institutions, à la sécurité des acteurs, à la confiance du public et à l’image internationale du continent africain et son instance continentale la CAF.
Les paris illégaux : une économie criminelle mondiale en expansion
Les paris sportifs illégaux représentent aujourd’hui un marché mondial de plusieurs centaines de milliards de dollars, contrôlé en grande partie par des réseaux criminels opérant à l’échelle transnationale.
Ces réseaux exploitent :
la dématérialisation des paris en ligne ;
les plateformes offshore non régulées, souvent basées dans des juridictions peu coopératives ;
les disparités législatives entre États ;
et les vulnérabilités humaines et institutionnelles du sport.
Le football, en raison de sa popularité mondiale et de la diversité des marchés de paris (résultats, cartons, pénaltys, corners, temps additionnel), constitue leur cible privilégiée.
Le football africain : une zone de haute vulnérabilité identifiée
Plusieurs rapports et enquêtes spécialisés ont clairement identifié le football africain comme une zone de vulnérabilité élevée :
Les rapports Sportradar et IBIA (2023–2024) font état d’une hausse significative des matchs suspects en Afrique, soulignant que le continent est devenu une cible privilégiée des syndicats de paris, notamment asiatiques, en raison de la précarité salariale et de la faiblesse des mécanismes de contrôle.
Les analyses de l’ONUDC (Office des Nations Unies contre la drogue et le crime) mettent en évidence l’absence de cadres juridiques solides contre les paris illégaux dans de nombreux pays africains, permettant à des plateformes non agréées de proposer des paris sur des compétitions de la CAF sans supervision effective.
Les enquêtes du média d’investigation Josimar ont soulevé des conflits d’intérêts majeurs liés à la présence croissante d’acteurs du secteur des paris sportifs parmi les partenaires et sponsors du football africain.
Ces constats externes sont confirmés et recoupés par les travaux du Département Intégrité et Investigations de l’OMSAC.
La Confédération Africaine de Football (CAF) face à ses responsabilités
Sans remettre en cause la légitimité de la CAF en tant qu’instance continentale, l’OMSAC estime nécessaire de souligner que la gouvernance actuelle du football africain présente des failles structurelles qui renforcent l’exposition aux risques de corruption et de manipulation.
L’absence de mécanismes indépendants d’audit d’intégrité, la gestion ambiguë des partenariats liés aux paris sportifs et l’insuffisance de réponses institutionnelles aux alertes répétées constituent des facteurs aggravants.
À l’approche de la CAN 2025, le silence ou la minimisation du risque serait une erreur stratégique majeure, susceptible d’être exploitée par des réseaux criminels organisés.
Une fragilité structurelle persistante : la question de l’arbitrage
Les rapports critiques rendus publics depuis plusieurs années, ainsi que les expertises internes de l’OMSAC, convergent vers un constat préoccupant : le système arbitral du football africain demeure l’un des points de vulnérabilité les plus sensibles.
Sans généralisation abusive ni accusation individuelle, l’OMSAC constate :
des soupçons récurrents de corruption jamais traités de manière systémique ;
un manque d’indépendance perçu dans les processus de désignation et de contrôle ;
l’absence d’audits réguliers et transparents ;
un déficit de protection des arbitres face aux pressions externes.
Or, l’arbitrage constitue historiquement l’un des leviers les plus utilisés dans les stratégies de manipulation de matchs, en particulier lors de grandes compétitions continentales.
La CAN 2025 : un contexte de risque accru
Les grandes compétitions internationales génèrent :
une explosion des volumes de paris illégaux ;
une intensification des tentatives d’approche des arbitres, joueurs et officiels ;
des mouvements de cotes anormaux sur les marchés secondaires.
Les précédentes éditions de la CAN ont déjà donné lieu à des alertes médiatiques et techniques, sans qu’une réponse systémique et durable n’ait été mise en place.
Positionnement et responsabilité de l’OMSAC
L’OMSAC agit dans ce dossier en qualité d’organisation spécialisée indépendante, experte en :
investigation et enquêtes stratégiques ;
analyse sécuritaire et financière ;
expertise juridique ;
conseil institutionnel en matière d’intégrité.
Fidèle à ses principes d’intégrité, d’indépendance et de professionnalisme, l’OMSAC considère que déclencher l’alerte est une obligation morale et institutionnelle lorsque les risques sont avérés ou fortement probables.
Cette alerte s’inscrit :
dans le respect du droit international ;
sur la base de sources publiques reconnues ;
sans diffamation ni accusation gratuite ;
dans un objectif exclusif de prévention et de protection.
Recommandations urgentes de l’OMSAC
À la CAF
Mise en place immédiate d’une Cellule spéciale d’intégrité CAN, indépendante ;
Renforcement de la surveillance des paris en temps réel ;
Audit exceptionnel et indépendant du système arbitral ;
Clarification stricte des partenariats liés aux paris sportifs.
Aux fédérations nationales
Sensibilisation obligatoire des joueurs, arbitres et encadrants ;
Création de canaux sécurisés de signalement ;
Protection effective des lanceurs d’alerte ;
Vigilance accrue sur les divisions inférieures.
Au pays hôte de la CAN
Coordination renforcée entre autorités sportives, judiciaires et sécuritaires ;
Surveillance financière exceptionnelle durant la compétition ;
Coopération internationale en cas de flux ou signaux suspects.
Conclusion générale – Une responsabilité historique
À l’approche de la Coupe d’Afrique des Nations, le football africain se trouve à un tournant décisif. Les alertes sont connues. Les risques sont identifiés. Les signaux sont documentés. L’OMSAC appelle la CAF, les fédérations nationales et le pays hôte à faire preuve de courage institutionnel, de lucidité et de responsabilité historique.
Il est encore temps d’agir. Après la compétition, il sera trop tard pour prévenir.
Engagement final de l’OMSAC
L’Organisation Mondiale de Sécurité Anti Corruption et Criminalité – OMSAC poursuivra :
ses investigations et analyses ;
ses alertes institutionnelles par correspondances formelles lorsque nécessaire
ses publications publiques sur ses canaux électroniques et réseaux sociaux ;
son accompagnement des institutions qui choisiront la voie de l’intégrité.
La protection du football africain n’est pas une option. C’est une obligation morale, sécuritaire et institutionnelle.

Les analyses, synthèses et rapports relatifs au football africain, au football international et à la CAN 2025, publiés par l’Organisation Mondiale de Sécurité Anti-Corruption et Criminalité (OMSAC) entre le 1er janvier 2024 et le 31 janvier 2026, sont protégés par le droit d’auteur et demeurent la propriété exclusive de l’OMSAC. Toute reproduction, diffusion, adaptation ou réutilisation, totale ou partielle, quel qu’en soit le support, sans autorisation écrite préalable, est strictement interdite et expose son auteur à des poursuites conformément aux lois et conventions internationales en vigueur.
Les contenus publiés s’inscrivent dans un travail d’analyse, de veille et d’investigation indépendante. Ils ne constituent ni un jugement judiciaire, ni une décision de justice, ni une condamnation définitive.
Karl SCHLEKER
Département Intégrité et Investigations





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