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CAN 2021 - Cameroun : Rapport d'audit Éthique et opérationnel

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    omsac actualités
  • 22 févr. 2022
  • 5 min de lecture
CAN 2021 - Cameroun : Rapport d'audit Éthique et opérationnel

Le présent rapport est établi par le département Intégrité et Investigations de l’OMSAC dans le cadre de sa mission d’analyse, d’observation et d’évaluation des mécanismes de gouvernance, d’intégrité et d’organisation des compétitions sportives nationales et internationales.


Ce document repose exclusivement sur des faits publics, des documents officiels, des témoignages concordants, des analyses d’experts et des éléments vérifiés à la date de sa rédaction. Il ne constitue ni une plainte pénale, ni une mise en cause judiciaire nominative. Les responsabilités évoquées sont institutionnelles, fonctionnelles et administratives.


L’objectif est de contribuer à la transparence, à la redevabilité et à l’amélioration des standards de gouvernance du football africain.


Résumé exécutif

La Coupe d’Afrique des Nations 2021, organisée au Cameroun entre janvier et février 2022, restera comme l’une des éditions les plus contrastées de l’histoire récente du football africain. Si elle a permis la livraison d’infrastructures sportives majeures et offert un spectacle sportif globalement attractif, elle a simultanément révélé des défaillances structurelles graves en matière de sécurité, de gouvernance, d’intégrité et de supervision arbitrale.


Pour l’OMSAC, la CAN 2021 constitue un cas d’école de “réussite de façade”, où la performance visible a servi de paravent à des dysfonctionnements institutionnels profonds. Ces failles ont affecté la crédibilité de la compétition, la confiance des participants et l’image des instances dirigeantes du football africain.


Analyse des dépassements et dysfonctionnements majeurs


Des secouristes et des civils prodiguent les premiers soins aux victimes de la bousculade survenue à l'entrée du stade d’Olembe, lors de la CAN 2021 au Cameroun, le 24 janvier 2022


A. Failles sécuritaires et tragédie humaine

Le drame du stade d’Olembe (24 janvier 2022) constitue l’événement le plus grave de cette CAN. Une bousculade à l’entrée sud du stade a causé la mort de huit personnes et fait au moins trente-huit blessés. Les éléments établis montrent qu’une porte d’accès est restée fermée de manière injustifiée malgré une affluence massive, entraînant un engorgement mortel. La chaîne de responsabilité opérationnelle n’a jamais été clairement établie.


L’absence de sanctions pénales d’envergure à l’encontre des responsables du Comité d’Organisation Local (COCAN), combinée à la réouverture rapide du stade, a été largement perçue comme un déni de responsabilité et un manque de respect envers les victimes.


B. Irrégularités sanitaires et instrumentalisation du protocole COVID

Plusieurs sélections ont dénoncé une application variable et opaque du protocole sanitaire COVID-19. L’affaire des Comores en huitième de finale illustre cette dérive : malgré un test négatif le jour du match, le gardien titulaire comorien a été déclaré inéligible, contraignant l’équipe à aligner un joueur de champ au poste de gardien.


Cette décision, formellement administrative, a été perçue comme une application excessivement rigide et sélective du règlement, portant atteinte à l’équité sportive.

Ces pratiques ont alimenté le sentiment d’un usage instrumental du protocole sanitaire à des fins compétitives.


C. Gestion financière, opacité et gouvernance

La CAN 2021 a mobilisé des investissements publics estimés à plus de 1,5 milliard d’euros, pilotés notamment par une Task Force présidentielle.

Dès la fin de la compétition, des signaux d’alerte institutionnels ont émergé concernant :

  • l’opacité des procédures de passation de marchés,

  • l’état inachevé ou dégradé de certaines infrastructures pourtant réceptionnées et facturées,

  • l’absence de mécanismes d’audit indépendants ex ante.

Ces éléments traduisent une gouvernance financière insuffisamment contrôlée et faiblement redevable.


3. Arbitrage et intégrité sportive : Une crise structurelle

L’analyse des performances arbitrales de la CAN 2021 révèle des défaillances dépassant la simple erreur humaine.

3.1 Arbitres dont la mission a été gravement compromise

Janny Sikazwe (Zambie) – Match Tunisie–Mali (12 janvier 2022)

  • Fin du match sifflée à la 85e minute, puis définitivement à la 89e minute 43 secondes sans temps additionnel.

  • Chaos organisationnel inédit.

  • Justification ultérieure par une prétendue insolation, sans remplacement par le quatrième arbitre.

Cet incident constitue un précédent historique et a durablement affecté la crédibilité de l’arbitrage CAF.


Joshua Bondo (Botswana)

  • Décisions jugées systématiquement favorables au pays hôte.

  • Écarté de la compétition après accumulation de rapports négatifs.


Maguette Ndiaye (Sénégal) – Égypte–Maroc (quart de finale)

  • Perte de contrôle du match.

  • Tensions extrêmes et incidents post-rencontre.


Pacifique Ndabihawenimana (Burundi) – Cameroun–Comores

  • Application rigide du protocole sanitaire.

  • Expulsion précoce du capitaine comorien après décision VAR très contestée.


3.2 Le cas Bakary Gassama (Gambie)

Arbitre élite de la CAF, Bakary Gassama figurait sur la liste officielle des arbitres de la CAN 2021. Il a été désigné sur des rencontres à très forts enjeux :

  • Nigeria – Égypte (phase de groupes)

  • Cameroun – Égypte (demi-finale)


Lors de cette demi-finale, il a été vivement critiqué par le staff égyptien, notamment par l’entraîneur Carlos Queiroz, pour des méthodes perçues comme intimidantes. Sa désignation pour le match du pays hôte a alimenté un climat de suspicion, malgré l’élimination finale du Cameroun.


Pour l’OMSAC, Bakary Gassama incarne le profil d’arbitre dit « politique », régulièrement mobilisé sur des rencontres à forte charge institutionnelle. Selon plusieurs sources concordantes, il bénéficierait d’une proximité avérée avec certains cercles d’influence, son expérience étant mise en avant pour lui confier des matchs sensibles, désignés de manière ciblée. Les mêmes sources indiquent qu’il figure sur les listes de désignation pour les prochaines rencontres officielles, dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du Monde Qatar 2022.


3.3 Responsabilité de la chaîne de commandement

La supervision de l’arbitrage relevait principalement de :

  • Souleiman Hassan Waberi (Djibouti), Président de la Commission des Arbitres de la CAF et Vice-Président de la CAF.

  • Eddy Maillet (Seychelles), Directeur de l’Arbitrage de la CAF.


Le manque de sanctions immédiates, l’absence de transparence dans les désignations et le maintien d’arbitres contestés traduisent une défaillance de supervision.


« L’effondrement des standards d’arbitrage observé lors de cette CAN soulève une interrogation majeure sur la supervision exercée par la Commission des Arbitres. La porosité entre enjeux organisationnels et intégrité sportive apparaît manifeste. » — OMSAC


Points positifs et réussites

A. Héritage infrastructurel

Le Cameroun a livré plusieurs stades de standard international (Olembe, Japoma, Bafoussam, Limbe), conformes aux normes FIFA. Ces infrastructures constituent un acquis durable pour le football régional.


B. Qualité du spectacle sportif

Malgré les controverses, le niveau technique global a été salué. Le sacre du Sénégal a couronné une génération compétitive et renforcé l’attractivité du football africain.


C. Généralisation de la VAR

L’utilisation systématique de l’assistance vidéo sur l’ensemble des matchs a constitué une avancée technologique majeure.


Conclusion

La CAN 2021 au Cameroun illustre une réussite sportive et infra-structurelle construite sur des fondations institutionnelles fragiles.

Les failles observées — sécuritaires, sanitaires, financières et arbitrales — trouvent leur origine dans :

  • l’absence de mécanismes de contrôle indépendants,

  • la concentration du pouvoir décisionnel,

  • le déficit de redevabilité des organes organisateurs.


Recommandations de l'OMSAC

L’OMSAC recommande que toute future compétition majeure fasse l’objet :

  • d’un audit externe indépendant dès la phase de candidature,

  • d’une supervision arbitrale totalement autonome,

  • de mécanismes clairs de responsabilité en matière de sécurité et de gouvernance.


Le prestige sportif ne saurait, en aucune circonstance, servir de couverture à des défaillances institutionnelles.


Département presse & médias de l'OMSAC

 
 
 

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Clause de responsabilité et portée juridique

Nos rapports et enquêtes sont fondées sur des informations accessibles, des recoupements factuels et des analyses professionnelles. Elles ne constituent en aucun cas des enquêtes judiciaires, policières ou administratives, ni des décisions de justice.

Conformément aux statuts de l’OMSAC, nos missions officielles sont la lutte contre la corruption, la criminalité, le trafic d’influence, la fuite des capitaux, le blanchiment d’argent, la défense des droits de l’homme, la traite des êtres humains, l’immigration clandestine et la protection de la liberté d’expression à l’échelle mondiale.

L’OMSAC mène ses propres enquêtes et investigations. Lorsqu’elle reçoit des informations ou des alertes, celles-ci sont analysées, étudiées et expertisées par le Département Intégrité et Investigations, en coordination avec le Département Juridique. Selon la gravité et la nature des faits constatés, ces départements décident de la transmission des dossiers aux institutions sécuritaires ou judiciaires compétentes du pays concerné. À partir de ce point, la mission de l’OMSAC prend fin.

L’OMSAC n’est ni une autorité de poursuite, ni un organe juridictionnel, ni un service de police ou de renseignement. Les constats, opinions et conclusions exprimés sur ces pages ne sauraient être assimilés à des accusations pénales, à des jugements de culpabilité ou à des décisions judiciaires. Toute responsabilité pénale, disciplinaire ou administrative relève exclusivement des institutions légalement compétentes, conformément au droit national et international applicable.

Les personnes ou entités mentionnées sur ces pages bénéficient pleinement de la présomption d’innocence et des droits fondamentaux garantis par le droit international. Ces documents ont pour unique objectif de contribuer au débat public, à la transparence institutionnelle et à l’amélioration de la gouvernance, dans le strict respect des cadres légaux et des normes internationales.

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