Bilan 2024 : le football africain à l’épreuve de la gouvernance, de l’intégrité et de la souveraineté
- omsac actualités

- 23 déc. 2024
- 7 min de lecture
Dernière mise à jour : 29 janv.

2024, l’année où les dysfonctionnements sont devenus systémiques
L’année 2024 restera comme un tournant critique dans l’histoire récente du football africain. Loin d’être une simple succession d’incidents isolés, les crises qui ont jalonné l’organisation de la CAN 2023 (jouée en 2024), des compétitions interclubs et des tournois annexes ont mis en lumière une défaillance structurelle profonde de la Confédération Africaine de Football (CAF).
Pour l’Organisation Mondiale de Sécurité Anti-Corruption et Criminalité (OMSAC), ces événements confirment une thèse désormais étayée : la crise du football africain n’est ni conjoncturelle, ni accidentelle, mais institutionnelle, éthique et politique.
Le scandale de la billetterie : l’échec d’une gouvernance moderne
Alors que la CAF communiquait officiellement sur des matchs annoncés complets, les images retransmises au monde entier montraient des tribunes clairsemées, parfois à moitié vides, y compris lors du match d’ouverture. Cette contradiction flagrante a provoqué l’incompréhension et la colère des supporters africains.
Le fiasco de la billetterie de la CAN 2023/2024 a constitué l’un des symboles les plus visibles de cette faillite. Des “sold out” fictifs, des stades vides bien réels
Alors que la CAF communiquait officiellement sur des matchs annoncés complets, les images retransmises au monde entier montraient des tribunes clairsemées, parfois à moitié vides, y compris lors du match d’ouverture. Cette contradiction flagrante a provoqué l’incompréhension et la colère des supporters africains.
Une captation du football par des circuits parallèles
Les investigations ont mis en évidence :
une gestion opaque et non régulée des billets dits « partenaires »,
l’absence de mécanismes de redistribution des places non utilisées,
la prolifération d’un marché noir organisé, toléré de facto.
Ce scandale révèle une incapacité manifeste de la CAF à gérer un outil fondamental de gouvernance moderne : l’accès équitable du public au spectacle sportif. Le football africain a été confisqué au profit de réseaux privilégiés, au détriment de ses peuples.
Dérives éthiques et effondrement de l’autorité institutionnelle
Zones officielles devenues zones de non-droit
Pour la première fois dans l’histoire des compétitions africaines, la CAF a été contrainte de sanctionner et d’expulser des journalistes accrédités pour :
violences physiques,
comportements partisans,
insultes envers joueurs et entraîneurs.
Ce phénomène est révélateur d’une perte de contrôle totale de l’autorité morale et disciplinaire de l’instance.
L’incident Regragui–Mbemba : un révélateur
L’altercation entre le sélectionneur marocain et le capitaine de la RDC, mal gérée et traitée dans l’opacité la plus totale, a renforcé les soupçons de justice disciplinaire à géométrie variable, accentuant le sentiment d’injustice et de favoritisme.
Le scandale diplomatique des maillots : quand le football devient un outil politique
USMA – RS Berkane : un précédent dangereux
L’affaire des maillots de la RS Berkane en Coupe de la Confédération constitue un cas d’école de trafic d’influence institutionnel.
En homologuant un maillot intégrant une carte géographique politiquement contestée (Sahara Occidental), la CAF a :
violé la Loi 4 de l’IFAB,
bafoué les statuts de neutralité de la FIFA,
transformé une compétition sportive en arène diplomatique.
La CAF hors de son rôle
Le rôle d’une confédération sportive n’est ni de valider des revendications territoriales, ni de redessiner les frontières. En validant ce maillot, la CAF a sciemment provoqué un incident politique majeur, au bénéfice d’intérêts nationaux spécifiques.
Le silence et les incohérences du TAS : le “deux poids, deux mesures
Le traitement du dossier par le Tribunal Arbitral du Sport soulève de graves interrogations :
refus de mesures conservatoires en urgence,
lenteur inhabituelle du traitement,
absence de cohérence avec des jurisprudences antérieures bien plus strictes.
Pendant ce temps, les sanctions sportives infligées à l’USMA produisent des effets irréversibles. Cette inertie alimente la perception d’un alignement structurel entre certaines instances sportives mondiales et des réseaux d’influence continentaux, au détriment du droit.
Sécurité et organisation : le fiasco du CHAN 2024
Les rapports publiés en 2024 sur le CHAN ont mis en évidence :
des retards massifs dans la livraison des infrastructures,
des incidents sécuritaires graves à Nairobi (intrusions, portes forcées),
l’incapacité de la CAF à garantir la sécurité minimale lors de matchs tests.
Ces faits remettent en cause la crédibilité de la CAF comme organisateur d’événements internationaux et exposent joueurs, officiels et supporters à des risques majeurs.
L’arbitrage, symptôme persistant d’un système malade
Les plaintes répétées pour arbitrage biaisé, y compris émanant de clubs issus de nations influentes, confirment que l’arbitrage africain reste perçu comme :
un instrument de pression,
un outil de régulation politique,
et non comme un garant de justice sportive.
Le cas de l’Union Touarga Sport en 2024 illustre cette défiance généralisée.
Conclusion : 2024, l’année de la preuve
Pour l’OMSAC, l’année 2024 constitue une année de bascule. Elle démontre que la CAF fait face à un triple échec :
Technique : incapacité à gérer des outils modernes (billetterie, infrastructures).
Éthique : abandon de la neutralité politique et de l’équité disciplinaire.
Sécuritaire : incapacité à protéger les acteurs et le public.
L’affaire des maillots de la RS Berkane n’est pas un simple litige sportif : elle révèle une instrumentalisation du football à des fins de propagande, en contradiction directe avec les principes de l’ONU, de l’UNESCO et de l’éthique sportive universelle.
Position de l’OMSAC
L’OMSAC considère que :
la souveraineté des États membres est menacée par des décisions sportives politisées,
l’indépendance de la CAF est structurellement compromise,
le football africain est devenu un levier d’influence et de chantage institutionnel.
Sans réforme profonde, indépendante et collective de la gouvernance du football africain, ces dérives ne feront que s’aggraver. 2024 n’est pas une anomalie. 2024 est une démonstration. Le football africain mérite une gouvernance à la hauteur de ses peuples, de son histoire et de sa dignité.
Les dates clés des événements et scandales de l’année 2024 qui démontrent les failles de la CAF. Ces éléments factuels permettent de construire une chronologie précise de la dérive institutionnelle :
L'année 2024 a été une année de basculement, où les dysfonctionnements de la CAF ne sont plus seulement des rumeurs, mais sont devenus des faits documentés par des instances juridiques internationales comme le Tribunal Arbitral du Sport (TAS).
Voici la chronologie précise et les détails des scandales de 2024 que vous pouvez intégrer à votre dossier de l'OMSAC pour prouver la dérive structurelle de l'instance.
L'année 2024 a été une année de basculement, où les dysfonctionnements de la CAF ne sont plus seulement des rumeurs, mais sont devenus des faits documentés. Voici la chronologie précise et les détails des scandales de 2024 prouvant la dérive structurelle de l'instance.
I. LE FIASCO DE LA CAN 2023 (JANVIER / FÉVRIER 2024)
La compétition phare du continent a révélé des failles éthiques et organisationnelles graves :
13 - 14 janvier 2024 : Déclenchement du scandale de la billetterie. Dès le match d'ouverture et Nigeria-Guinée Équatoriale, des milliers de supporters sont restés devant les portes de stades "vides" alors que le système affichait "complet". L'OMSAC soupçonne un réseau de détournement de billets vers le marché noir.
21 janvier 2024 : Incident majeur entre Walid Regragui (Maroc) et Chancel Mbemba (RDC) à la fin du match.
24 janvier 2024 : Le Jury Disciplinaire de la CAF sanctionne Regragui de 4 matchs de suspension (dont 2 avec sursis).
26 janvier 2024 : Coup de théâtre médiatique. La Commission d'Appel de la CAF annule totalement les sanctions contre Regragui en un temps record (48h). Cette célérité, contrastant avec la lenteur imposée aux autres nations, prouve un "deux poids, deux mesures" et renforce les soupçons de favoritisme envers la fédération marocaine.
II. L’AFFAIRE USMA vs RS BERKANE (AVRIL 2024)
C’est l’événement majeur qui prouve la partialité et la politisation de la CAF :
19 - 20 avril 2024 : Blocage à l'aéroport d'Alger des maillots de la RS Berkane portant une carte politique contestée. La CAF prend immédiatement position en faveur du club marocain.
21 avril 2024 : Annulation du match aller à Alger. La Commission Interclubs de la CAF décide de donner le match gagné 3-0 sur tapis vert à la RS Berkane, alors que le litige portait sur l'introduction d'une carte politique interdite par les statuts de la FIFA (Loi 4).
24 avril 2024 : Le Jury d'Appel de la CAF confirme la sanction contre l'USM Alger malgré les règlements internationaux interdisant les messages politiques.
28 avril 2024 : Match retour annulé à Berkane. L'USMA refuse de cautionner un maillot non réglementaire.
III. LA CRISE DE GOUVERNANCE INTERNE (AOÛT - DÉCEMBRE 2024)
L'OMSAC surveille de près la corruption administrative. En 2024, la CAF a été secouée de l'intérieur :
1er août 2024 : Un rapport accablant de la Commission d’Audit et de Gouvernance de la CAF fuite dans la presse. Il accuse le Secrétaire Général, Véron Mosengo-Omba, de népotisme, d'abus de pouvoir et de mauvaise gestion financière.
Décembre 2024 : Des enquêtes journalistiques internationales qualifient Patrice Motsepe de "Président Fantôme", laissant la réalité du pouvoir à un secrétariat général aux ordres de lobbies extérieurs (FIFA/Maroc).
IV. LE FIASCO DE L’ORGANISATION DU CHAN 2024
Le Championnat d'Afrique des Nations (CHAN) est devenu le symbole de l'impréparation et de l'humiliation :
Février 2024 : Date initiale prévue pour la phase finale.
Tout au long de 2024 : Rapports alarmants sur les retards d'infrastructures au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie. En 2024, la CAF a été incapable de garantir la livraison des infrastructures, entraînant un report humiliant de la compétition.
V. SANCTIONS FINANCIÈRES ET JUSTICE À DEUX VITESSES
15 mai 2024 : Réunion (initialement prévue) du jury disciplinaire sur l'affaire USMA-RSB, décalée à plusieurs reprises sans motif valable.
8 octobre 2024 : La CAF rend enfin son verdict financier, infligeant une amende de 40 000 dollars à l'USM Alger. Ce verdict intervient plus de cinq mois après les faits, illustrant une lenteur administrative délibérée lorsqu'il s'agit de punir ceux qui défendent les règlements.
RÉCAPITULATIF DES SCANDALES 2024
Date | Événement | Type de Scandale | Preuve de Dérive |
Janvier 2024 | CAN (Côte d'Ivoire) | Billetterie & Discipline | Détournement de billets et annulation de sanction en 48h. |
Avril 2024 | Affaire USMA / RSB | Politique & Influence | Validation illégale d'un maillot de propagande politique. |
Août 2024 | Audit Interne CAF | Corruption Financière | Rapport contre le Secrétaire Général (Népotisme). |
Octobre 2024 | Sanctions USMA | Injustice Administrative | Amende infligée 5 mois après les faits (Lenteur calculée). |
Décembre 2024 | Gouvernance | Leadership | Motsepe qualifié de "Président Fantôme". |
Note de l'OMSAC : Ces dates prouvent une réactivité à deux vitesses : une rapidité extrême (48h) pour servir les intérêts marocains, et une lenteur excessive (plusieurs mois) pour traiter les dossiers de fond ou les recours des clubs algériens. L'OMSAC demande une refonte totale et le départ des responsables de ce naufrage. Le combat continue en 2025.
Département presse et médias





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