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Réchauffement climatique : La Suisse peut jouer un rôle pionnier...


Petit pays situé au milieu d’un vaste continent, la Suisse ne peut a priori jouer qu’un rôle marginal pour combattre le réchauffement climatique. La réalité est différente. Elle peut exercer une réelle influence à plusieurs niveaux

La Suisse est un petit pays dont on peut penser qu’il ne joue qu’un rôle marginal dans la lutte contre les changements climatiques. En valeurs brutes, ses émissions de CO2 ne représentent qu’une petite partie de celles qui sont diffusées sur la planète. C’est pourtant un pays qui peut exercer une influence considérable sur les autres, et cela à au moins trois niveaux.


Premièrement, la Suisse est le berceau des glaciers. Ils balisent les vallées alpines et alimentent le continent européen en eau. Leur sort ne peut laisser quiconque indifférent. La raréfaction du pergélisol peut déclencher des catastrophes à l’image de celle que les habitants de Bondo (GR) ont vécue en 2017. De tels événements mettent en perspective la nécessité de préserver les précieuses réserves glaciaires tout en permettant à la population de ces régions de vivre dans de bonnes conditions.


Inclure la population

Deuxièmement, la Suisse est le berceau de la démocratie et de l’inclusion de ses habitants dans les processus décisionnels. Cela lui assure une certaine stabilité mais exige aussi que les choix politiques soient acceptés par le peuple.


L’échec de la loi sur le CO2 en juin l’a sèchement rappelé. La population est prête à changer certains comportements pour le climat, mais pas au prix de taxes et d’interdictions. Si elle ne connaît pas les mêmes processus de consultation populaire, la France a fait une expérience similaire: c’est un projet de taxe carbone qui a fait descendre les «gilets jaunes» dans les rues.


La Suisse peut ainsi partager avec les participants de la COP26 son expérience. Tout en soulignant – et c’est un nouveau défi pour elle – que l’approche démocratique est remise en question par les personnes qui estiment que le monde est si proche de sa disparition que l’on doit agir avec célérité et vigueur. Il est toutefois illusoire de vouloir imposer au forceps des mesures musclées. La sauvegarde du climat passe par l’inclusion de la population.


Troisièmement, la Suisse est le berceau des banques et des investissements. Elle compense aussi une partie de ses émissions en décarbonant dans des pays pauvres, une approche critiquée par les ONG et qui sera débattue à la COP26.


Cela lui confère une responsabilité particulière, celle d’inciter les acteurs financiers à verdir leurs investissements, notamment à propos de l’exploitation des matières premières. «Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse», dit une maxime qui peut s’appliquer aux principes d’exploitation en vigueur.


Transposé en mode clin d’œil à la COP26, cet adage pourrait devenir: «Tant va la cruche à Glasgow qu’à la fin elle s’écosse.» En espérant que les pays participants comprennent que certaines erreurs doivent être corrigées.


Par Bernard Wuthrich

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