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Lyon: favorable à un agrandissement du siège d'Interpol, Doucet fustige les méthodes de Darmanin...


Le maire de Lyon appelle le ministre de l'Intérieur à concerter la ville, la métropole et la région pour trouver les financements nécessaires à la rénovation des locaux de l'organisation mondiale de la police.

Sur le fond, les deux hommes sont plutôt sur la même ligne. Sur la forme, c'est une autre histoire. Par le biais d'un courrier transmis à la presse, Gérald Darmanin a appelé mardi la ville de Lyon, la métropole et la région Auvergne-Rhône-Alpes à mettre la main à la poche pour financer les travaux de rénovation des locaux d'Interpol, situés à Lyon.


Grégory Doucet n'y est pas opposé, mais l'élu s'agace des méthodes employées par le ministre de l'Intérieur.


L'organisation mondiale de la police s'est installée sur le quai Charles-de-Gaulle en 1989, forte de 250 fonctionnaires. Depuis, elle a grandi et son personnel s'est décuplé, cumulant désormais 700 agents. En 2019, Jürgen Stock, son secrétaire général, avait annoncé un projet d'extension.


Qui assumera la charge de ces travaux? Deux ans, plus tard, la question reste entière. L'État a fait savoir qu'il prendrait sa part. Mais Gérald Darmanin compte également sur un financement des collectivités locales. Sous peine de voir le siège d'Interpol déménager.


La menace émiratie

Dans son courrier, le ministre de l'Intérieur évoque la menace d'un transfert des locaux aux Émirats Arabes Unis. C'est d'ailleurs de ce pays que provient le seul candidat déclaré pour prendre les rênes de l'organisme: le général Nasser Ahmed Al-Raisi, pourtant mis en cause dans la répression des droits humains.


Selon Le Progrès, Gérald Darmanin espère une réponse avant l’assemblée générale d’Interpol. Elle débutera le 23 novembre, à Istanbul.


"Quelle est cette façon de gérer l'argent public?"

Interrogé par France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, le maire de Lyon a peu goûté les pressions du ministre de l'Intérieur et regrette qu'il n'ait pas fait "de tour de table cohérent".

"Le soutien à Interpol relève, d’abord, d’une compétence de l‘État et du gouvernement, a rappelé Grégory Doucet auprès de nos confrères.


Quand, d’un côté, le ministre appelle au secours les collectivités locales pour financer Interpol alors, que, quelques jours plus tôt, il m’explique que le gouvernement dispose de fonds pour financer la vidéosurveillance, ça veut dire quoi? Qu’il prend d’un côté pour reprendre de l’autre ? Quelle est cette façon de gérer l’argent public?"


L'édile écologiste se dit pourtant favorable à la présence de l'organisation mondiale de la police à Lyon. "Je m’en réjouis. Interpol est une des plus belles agences internationales, qui fait de la ville un acteur majeur sur le plan mondial", a-t-il ajouté, mais "il me faut un dossier. Moi, je n’ai rien reçu".


Et d'ajouter: "Publier un courrier envoyé aux élus dans les journaux n’est pas une façon de travailler (...) Tout cela ne semble pas très sérieux".


La région prête à s'engager

Son prédécesseur, Gérard Collomb, avait chiffré le coût des travaux à 40 millions d'euros, dont la moitié à la charge de l'État. Cependant, assure Grégory Doucet, "on n'a pas trouvé d'engagement financier écrit de la ville de Lyon sur le sujet".


La région s'est dite prête, dans les colonnes du Progrès, "à participer à l’effort collectif" et à "s’engager dans les mêmes proportions que la ville de Lyon et la métropole de Lyon ".

Interpol a été créé en 1923. L'organe de coopération policière fait partie des plus grandes organisations internationales mondiales. Son objectif: permettre aux polices de ses 194 pays membres d'œuvrer ensemble dans la lutte contre la criminalité.


Outre sa fonction première de coordination, Interpol agit dans la formation et le perfectionnement des polices nationales, l'échange et l'analyse de données ou la collaboration transfrontalière.


Par Mélanie Ferreira avec Florian Bouhot

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