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La France fait peu de progrès dans la lutte contre la corruption...


Le classement réalisé par l’ONG Transparency International montre que si la France figure plutôt en bonne place, elle ne progresse pas depuis dix ans dans la lutte contre la corruption des responsables publics. Le constat est le même au niveau mondial : 57 pays seulement obtiennent un score supérieur à la moyenne.

« Bien mais peut mieux faire » : c’est ainsi qu’on peut résumer l’appréciation de Transparency International pour la France. Tous les ans, cette organisation non gouvernementale publie son classement analysant la corruption des responsables publics.


Les États les mieux classés dans la version 2021, sont le Danemark, la Finlande et la Nouvelle-Zélande, tandis que le bas du tableau est occupé par le Venezuela, la Somalie, la Syrie et le Soudan du Sud.


La France figure à la 22e place, sur 180 pays étudiés, ce qui la met plutôt dans le haut du tableau, mais tout de même loin derrière l’Allemagne (10e) et le Royaume-Uni (11e), juste derrière l’Uruguay (21e). Cette place reste inchangée par rapport à celle que la France occupait il y a dix ans.


En France, des « signaux inquiétants »

Dans son analyse, Transparency International note quelques avancées en France pour se doter d’outils de lutte contre la corruption des responsables publics. La loi pour la confiance dans la vie politique de 2017 en est une.


Adoptée après la dernière élection présidentielle et l’affaire Fillon, elle a renforcé les contrôles sur les parlementaires, leur interdisant l’embauche de membres de leur famille comme collaborateurs et supprimant l’indemnité forfaitaire pour frais de mandat au profit d’un système de remboursement sur notes de frais.


L’ONG note toutefois que « ces avancées sont atténuées par les signaux inquiétants qui ont émaillé le mandat du candidat de la “République exemplaire” (Emmanuel Macron, NDLR) comme les attaques portées contre le parquet national financier, le nombre de membres du gouvernement mis en cause dans des affaires d’atteintes à la probité ».


Un ministre en exercice condamné

Elle relève notamment deux premières dans l’année écoulée. La condamnation en décembre 2021 d’un ministre en exercice, Alain Griset, pourdéclaration incomplète de son patrimoine en est une. Chargé des petites et moyennes entreprises, il a dû démissionner.


S’y ajoute la mise en examen du garde des sceaux, Éric Dupond-Moretti, le 16 juillet 2021 pour « prise illégale d’intérêts ». Cela faisait suite à une plainte de deux syndicats de magistrats et de l’association Anticor, qui l’accusent d’avoir profité de ses fonctions pour régler des comptes liés à son ancienne activité d’avocat en ouvrant une enquête administrative contre trois magistrats du parquet national financier…


Patrick Lefas, le président de Transparency France souligne aussi le manque de moyens des acteurs de la lutte contre la corruption : « Le parquet national financier ne compte que 18 magistrats pour traiter les 600 affaires dont il est chargé. La justice financière n’a bénéficié d’aucun crédit supplémentaire dans un budget de la justice en hausse de 8 % en 2022, et la gestion de carrière des magistrats du parquet dépend toujours du garde des sceaux », regrette-t-il.


Il relève surtout une « absence de dynamique », en France, qui démontre que la lutte conte la corruption des responsables publics n’est pas considérée comme une priorité.


Un classement de 0 à 100

L’analyse de Transparency International repose sur des données provenant de multiples études de la Banque mondiale, du forum de Davos et de cabinets privés. L’ONG calcule ainsi depuis 1995 un « indice de perception de la corruption » qui fait référence. Il attribue à chaque pays un indice allant de 0 (fortement corrompu) à 100 (faiblement corrompu).


L’indicateur reflète la perception du degré de corruption des responsables publics et agents de l’administration, ainsi que la volonté de chaque pays de la combattre. La France obtient le score de 71 sur 100. Seulement 57 pays arrivent au-dessus de 50, tandis que la moyenne obtenue par l’ensemble des pays étudiés est de 43 sur 100.


Ce chiffre est stable depuis plusieurs années, ce qui démontre qu’en dehors de la France également, la lutte contre la corruption marque le pas. Transparency International déplore ainsi que, pour la première fois en 2021, les États-Unis soient tombés au-dessous de la 25e place.


L’ONG enregistre toutefois quelques bonnes nouvelles, avec des pays qui ont fait des progrès inattendus. C’est le cas de l’Arménie, qui gagne 14 places en cinq ans, ou de la Moldavie, qui progresse de 5 places sur la même période.

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