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Facebook : la lanceuse d'alerte Frances Haugen a échangé avec la Commission européenne



«Il ne faut pas baisser nos ambitions sur le Digital Services Act», a commenté le commissaire Thierry Breton après cet entretien.

Après avoir témoigné mardi durant près de trois heures devant les sénateurs américains, la lanceuse d'alerte Frances Haugen se tourne vers les autorités européennes. Cette ex-cheffe de produit chez Facebook a quitté l'entreprise au printemps en emportant avec elle des milliers de documents confidentiels dévoilant les travers de cette entreprise qui, selon ses termes, «privilégie ses profits à la sécurité de ses utilisateurs.»


Ces documents ont nourri une série d'enquêtes du Wall Street Journal, les «Facebook Files», ainsi qu'un dépôt de plainte auprès du gendarme de la bourse américaine. Ils ravivent également aux États-Unis la volonté des élus de légiférer pour réguler le pouvoir des grandes plateformes numériques.


L'Europe a un train d'avance sur l'Amérique du Nord et est en train de débattre sur deux règlements majeurs : le Digital Markets Act (DMA) et le Digital Services Act (DSA). C'est à cette occasion que Frances Haugen a échangé ce mercredi soir avec les commissaires européens Thierry Breton, chargé du marché intérieur, puis Vera Jourova, chargée des valeurs et de la transparence.


«Les révélations de Frances Haugen démontrent qu'il y a urgence à aller vite et à ne pas faiblir», a commenté Thierry Breton après cet entretien. «J'ai une logique claire en gouvernance : ma porte reste ouverte. Mark Zuckerberg m'a dit ce qu'il avait à dire. Et je suis heureux que Frances Haugen ait pu s'exprimer, c'est très important.»


Un règlement européen très disputé

La discussion, organisée par l'ONG Reset, «nous a permis de regarder si les composantes du Digital Services Act répondent aux problèmes soulevés par Frances Haugen et s'ils permettent de les réduire, voire de les éliminer», poursuit le commissaire français. Ce texte vise à imposer de nouvelles obligations aux réseaux sociaux, comme la transparence de leurs algorithmes de recommandation des contenus, ou bien l'ouverture de leurs données auprès de la communauté scientifique afin, par exemple, que les chercheurs puissent travailler sur les effets de ces plateformes sur la société.


La veille, Frances Haugen avait soulevé des idées similaires auprès des sénateurs américains. «Il nous faut donc tenir bon et ne pas baisser nos ambitions sur le DSA», souligne Thierry Breton. Le texte est l'objet de divisions au sein de l'Europe des 27, car il porte aussi sur la question des contenus illicites et vise à imposer des obligations de modération aux réseaux sociaux. Mais du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest de l'Union, les différences culturelles sur ces questions sont profondes. Et certains pays ne sont pas convaincus de l'intérêt de légiférer sur cette problématique.


Le Digital Markets Act, qui vise à durcir les règles de la concurrence pour les «plateformes structurantes», fait, lui, plus consensus au sein des 27. Mais il est l'objet d'un fort lobbying de la part des Gafa, qui affirment que le texte étouffera l'innovation. Certains pensent toutefois que le DMA devrait être adopté durant la présidence française de l'Union européenne, qui se terminera en juillet 2022. La Commission espère qu'il en sera de même pour le Digital Services Act.


Frances Haugen doit se rendre en Europe fin octobre, afin d'être auditionnée par le Parlement britannique puis se rendre au Web Summit de Lisbonne. Elle doit également se rendre à Bruxelles, où elle pourrait être entendue par le Parlement européen.


Le Figaro


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