Rechercher
  • omsac actualités

CAN 2022 : Les arrangements de la Fifa en Afrique, entre tours de passe-passe, dirigeants parachutés


FOOTBALL : Le président de la Fifa a mis la Confédération africaine de football sous tutelle en installant ses proches

  • Gianni Infantino possède de nombreux soutiens en Afrique, en ayant installé ses proches à des postes clés.

  • Le président de la Fifa, pour qui l'Afrique a une importance cruciale s'il veut garder son poste, a pourtant des pratiques plus que douteuses.

  • Certains commencent à se plaindre et demandent des comptes.

Gianni Infantino a un don. Un vrai. Celui de ne jamais faire parler de lui en bien. Un projet de Coupe du monde tous les deux ans, une enquête de justice pour, entre autres accusations délicieuses, incitation à l’abus d’autorité, un rôle d’instigateur caché dans l’ébauche de la Super Ligue… Rien ne va chez l’ancien « chauve de l’UEFA », passé de simple exécutant bon enfant lors du tirage au sort de la Ligue des champions à président grand Satan de la Fifa, en 2016, en remplacement de Sepp Blatter.

Son dernier fait d’armes? Des propos, au mieux maladroits, au pire insultants, lors d’une intervention, mercredi, au Conseil de l’Europe, pour justifier son projet de Mondial biennal : « Nous devons donner de l’espoir aux Africains pour qu’ils n’aient pas à traverser la Méditerranée pour pouvoir peut-être avoir une vie meilleure ici. Nous devons leur donner des opportunités et de la dignité. » S’il a estimé, jeudi, que ses dires avaient été « mal interprétés », le Suisse n’a pas fait remonter sa cote de popularité en Afrique.


« L’Afrique est faiseur de roi »

« Je ne suis pas surpris qu’il tienne ce genre de propos, parce que, depuis son élection, il enchaîne les coups bas contre le foot africain, même s’il donne l’impression de vouloir l’aider, indique Babacar Ndaw Faye, rédacteur en chef du site d’informations sénégalais Emedia, qui couvre l’actualité de tout le continent. C’est quelqu’un qui utilise toujours l’Afrique et son football pour faire sa propre politique et mettre sur pied ses objectifs, qui sont purement financiers. »


Financier, et un peu électoralistes aussi. « L’Afrique est faiseur de roi, explique Jean-Baptiste Guégan, spécialiste en géopolitique du sport et du football. Infantino sait qu’il ne restera à la tête de la Fifa [qui n'a pas répondu à nos sollicitations] qu’avec le soutien des pays africains, qui représentent un quart des fédérations. ». Et qui voteront comme un seul homme pour la Coupe du monde biennale chère à Infantino, cela va sans dire. Car pour chapeauter ces 54 fédérations à sa guise, quoi de mieux que de parachuter un « pion » à la tête de la CAF (Confédération africaine de football), en la personne de Patrice Motsepe, « pas du tout connu dans le monde du foot africain », selon le journaliste, un des rares milliardaires du continent et président du club sud-africain des Mamelodi Sundowns.


Le Pacte de Rabat pour installer Motsepe

Alors qu’il était en concurrence avec trois autres candidats, Motsepe s’est retrouvé seul en lice quelques semaines avant l’élection. Par quel miracle ? Un hôtel de luxe à Rabat (Maroc), deux émissaires de la Fifa (dont Véron Mosengo, nommé ensuite secrétaire général de la CAF), des intermédiaires marocains et égyptiens, des postes promis en échange de candidatures retirées, et le tour est joué. Le Sénégalais Augustin Senghor, favori du scrutin, laisse le fauteuil libre à Motsepe et se retrouve propulsé vice-président de la CAF.


Un mouvement tactique sobrement qualifié d’« unité africaine » par la fédération internationale, qui assume de son côté vouloir faire table rase de la mauvaise gestion passée de la CAF avec de nouvelles têtes aux commandes.


20 minutes


623 vues2 commentaires

Posts récents

Voir tout